‹ La chanson de l'enfantChapitre 20 sur 58 · LHEURE DES ENFANTS · texte numérisé non relu

LHEURE DES ENFANTS

d'après longfellow

Quand, le jour terminé, la nuit n'étant pas close, Un instant, des soucis du jour l'on se repose, Chacun, sait que cette heure est celle des enfants. De la chambre d'en haut cette heure-là m'apporte Un froissement de pas menus, un bruit de porte, Et des mots murmurés, et des cris triomphants.

Et de mon cabinet, sous le l'eu de ma lampe, Dans le large escalier je vois, longeant la rampe, Grave, Alice, et rieuse Allegra, puis Edith Aux cheveux d'or ; — on cause, on se tait; il me semble Qu'elles sont toutes trois à comploter ensemble, Et qu'à l'éclair des yeux j'ai ru ce qu'on s'est dit.

Oui, l'on veut me surprendre et me livrer bataille! Tout à coup, d'un élan rapide, l'on m'assaille ; Par trois portes sans garde on est dans mes remparts. Elles grimpent au haut de ma vieille tourelle, Sur le dos, sur les bras du fauteuil qui chancelle; Vainement je veux fuir... cerné de toutes parts!

Enlacé par vos bras et mangé de caresses.

Je me semble à moi-même, ô petites ogresses,

L'évêque de Bingen dévoré des souris.

Vous êtes sur les murs, brigands au frais sourire,

Mais, de grâce, attendez! Pensez-vous pouvoir dire

Que ma moustache a peur et que me voilà pris!

1 t tenez! j'ai sur vous fermé ma citadelle. Descendez au donjon, et là, bande rebelle,

Figures d'enfants. 63

Je vous tiens dans mon cœur, votre cachot vivant ! Et vous y resterez toujours, troupe enfantine, Jusqu'à ce que, les murs n'étant plus que ruine, La cendre de mon cœur soit dispersée au vent.

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