‹ La chanson de la croisade contre les Albigeois, commencéeChapitre 108 sur 303 · M. à m. c de grands ferrements t · texte numérisé non relu

M. à m. c de grands ferrements t

2. P. de V.-G. ne désigne pas nominativement Pujols, mais il fait un récit qui parait bien se rapporter à la prise de ce château. An ch. lxix (Bouq. 80, b) il écrit que certains chevaliers croisés, t scilicet Petrus de Sissi(cf. v. 2618), Simon li Sesnes (assurément • celui que mentionne G. deTud. au v. 1 145), Rogerns deSartis (voy. c p. 45, note 3) », obtinrent de 8imon de Montfort la permission d'oocuper une petite forteresse en mauvais état qui était voisine de Toulouse. Puis, au ch. lxx (Bouq. 81, d e) il expose ainsi comment cette forteresse fut prise : c Yidentes autem Tolosani et alii

pas novice. Il prend les Gapitouls à part et leur dit tout bas que Gui de Montfort vient, le mauvais et le cruel, qu'il est à Avignon et1, et vient au plus vite, [2875] et se propose de leur livrer bataille, s'il les atteint. Làdessus les trompes sonnent la retraite, c car (disentc ils) nous nous sommes bien vengés de nos ennemis. » Us entrent tous à Toulouse allègres et joyeux de leur succès.

[2880] De leur succès ils ont au cœur grand contentement, tous ceux de Toulouse et leurs auxiliaires. Gui de Montfort, lorsque la rumeur lui apprit que les Français sont morts, en eut au coeur grande tristesse, et ne put s'empêcher de verser des larmes. [2885] Il pleure, s'afflige et manifeste une grande douleur pour la honte et l'affront qu'il a reçus. Laissons-les, et parlons d'autre chose. Le bon roi d'Aragon, monté sur son destrier, est venu à Muret et y plante l'oriflamme, [2890] et assiège la ville avec maints puissants vavasseurs qu'il a

f hostes fidei quod cornes noster pergeret cum filio suo in Vascoc niam, episcopi vero et qui cum ipsis erant peregrini re vertec rentur ad propria, nacta occasione securitatis, egressi a Tolosa c cum exercitu magno, obsiderunt milites quondam de nostris, c scilicet Petrum de Sissi, Simonem de Besnes, Rogerum de c Sartis, et alios paucos qui, sicut diximus superius, munitionem c quandam satis debiiem et immunitam tenebant prope Toloc sam. » Selon P. de Y. -G., qui sur ce point est en désaccord avec le poème, la place ne fut pas prise de vive force, mais les assiégés capitulèrent à condition d'avoir la vie sauve. Conduits à Toulouse ils auraient été massacrés. Simon de Montfort qui s'était mis en marche pour venir à leur secours arriva trop tard. 4. Voy. ci-dessus, p. 110, n. 3.

amenés hors de leurs terres. De ceux de Catalogne il y amena la fleur, et d'Aragon nombre de puissants guerriers *. Us pensent bien ne trouver nulle part résistance, [2895] ni champion qui s'ose mesurer à eux. Il manda à Toulouse, à son beau-frère, de venir à lui, avec ses partisans, avec l'ost et les combattants : il (le roi d'Aragon) est prêt à lui rendre sa terre, [2900] [à lui et] au comte de Gomminges et à sa parenté ; puis il marchera de vive force sur Béziers, il ne laissera un croisé en château ni en tour de Montpellier jusqu'à Rocamadour, qu'il ne le fasse mourir dans les tourments. [2905] Ainsi informé, le preux comte ne différa point, mais vint droit au Capitole.

Au Gapitole se rend le comte, duc et marquis * : il leur a dit et exposé que le roi [d'Aragon] est venu, qu'il amène une armée, et qu'il a mis le siège : [291 0] devant Muret les tentes sont pressées, car avec son ost il a assiégé les Français, c [Il nous demande] de lui c porter pierriers et arcs turcs 3 ; et quand la ville c sera prise nous irons en Garcassais, et nous reprenc drons ce pays, si Dieu le veut ainsi. > — - [291 5] Ils répondirent : c Sire comte, c'est fort bien si l'entrec prise peut être terminée comme elle a été commen-

1. D'après la Vie de Raimon de Miraval (Parwuse occitanien, p. 224) le nombre des chevaliers amenés par le roi d'Aragon se serait élevé à mille (cf. 2744), qui tous auraient péri, avec leur seigneur, à la bataille de Muret. Cette dernière assertion est fort contestable.

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