‹ La chanson de la croisade contre les Albigeois, commencéeChapitre 136 sur 303 · Ch.-l. de c. de rarr. d'Orange · texte numérisé non relu

Ch.-l. de c. de rarr. d'Orange

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ne chargea, sinon que R. Belarot1 avec Àimon de Caron allèrent, en avant des lignes, frapper chacun son homme. Les lances se brisent et les éclats en volent. Sauf eux, personne ne reçut ni ne donna coup. [4055] La nuit s'approchent, on dresse les gonfenons, et chacun à l'envi se rend aux cantonnements, tout droit à Bellegarde'.

Tout droit à Bellegarde ils se logent volontiers et occupent les étables et les maisons, [4060] et touchent les distributions nécessaires. Ils font faire le guet par tous les écuyers, car ils craignaient leurs ennehiis acharnés : Marseille ne les aime pas , Montpellier lés repousse, Avignon et Beaucaire les ont les premiers attaqués. [4065] Dans Beaucaire, tant est grande l'allé-

i. Ms. R. Belarot*. 8i R. était une faute de copie au lieu de P., on pourrait identifier notre personnage avoc un Petru* Beleroti qui paraît comme témoin dans des actes de 1209 (Papon, Hist. de Prov. H, pr. n° xxxvi) et 1210 (Teulet, Layettes du Trésor n" 930, 931). Ge surnom est d'ailleurs peu commun. Cependant on trouve en 1068, probablement à Montpellier, un GuiUêhnu* Belarot (Teulet, Layette* du Trésor, n° 18 bis, p. 565).

2. A 10 kil. 8.-0. de Beaucaire. Voici d'après P. de V.-G. le récit, en tout conforme à ce qu'on vient de lire, des mômes événements : c Venientes autem nostri ante castrum Bellicadri, invec nimus infinitam hostium multitudinem, qui milites et servientes

• nostros in castri munitione obsessos tenebant; sed cum essent

• infiniti hostes, nostri vero respecta eorum pauci, non tamen ausi c sunt exire inferiores muros castri, licet nostri, ante muros diuc tissime stantes eos ad praelium invitarent. Yidentes nostri quod c non exirent hostes ad dimicandum contra eos, postquam diu exf pectaverant eos et invitaverant ad exeundum, reversi sunt ad c castrum Bellœgardae, unde vénérant, die tertio reversari Belli- « cadrum » (ch. lxxxiii, Bouq. 106 ab).

gresse que chacun rit et plaisante , car leurs affaires s'améliorent. Les maîtres et les charpentiers leur élevèrent des murs, des parapets1, des barrières, des palissades, des traverses à hauteur de poitrine, [4070] des mangonneaux, des chiennes*, des engins en masse. Au pied du château ils ont les milices communales qui postent des gardes, des sentinelles, des portiers revêtus de doubles garnements et armés de lames tranchantes, de façon qu'il n'entre ni ne sorte aucun homme, si rusé soit- il. [4075] En bas de la roche ils ont des mariniers choisis qui leur ont coupé l'eau et sapé le rocher3. Le jeune comte envoie lettres et messagers aux barons de sa terre et à ses tenanciers, et par tous les pays où il sait qu'il y a des soudoyé rs. [4080] Qui veut or ou argent ou bon cheval courant, au siège de Beaucaire aura dons et loyer.

Lambert de Limoux , plein d'inquiétude , est entré en conférence avec ses compagnons; il expose la situation et dit de justes paroles-: [4085] « Seigneurs, € nous sommes enfermés dans les tours et dans les ha- « bitations ; ils ont fortifié contre nous 4 les portails et les € tourelles5 de sorte qu'il n'y a pas moyen de sortir, à c moins de se changer en épervier. Je vois venir les « pierres des machines meurtrières * avec lesquelles ils

1. J'ai traduit amban au vocab. et ci-dessus y. 540 et 2861 par c galerie, t mais c'est plus probablement le parapet derrière lequel régnait'la galerie, sur le haut du rempart.

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