C.-à-d. parmi les assiégeants qui vivaient sons latente
[4M 6] CR0I8ADB ceirru us albigeois. 289
des clairons, le son des trompes, les réjouit et les amuse jusqu'à l'aube du jour.
Cependant ceux delà ville leur apposent de tels engins [4485] et combattent le donjon et la guette de telle sorte que le bois, la pierre, le plomb, sont consumés. A Sainte- Pàque est teûdu le bosson, qui est long et droit et muni d'un fer aigu. Il frappe, tranche, brise jusqu'à tant que le mur s'écroule9 [4490], les pierres détaille étant en maintes manières portées à terre. Ceux du cb&teau n'en furent pas découragés : ils firent un lacet de corde qui, lancé par leur engin, saisit la tète du bo&son*, au graAd dépit de ceux de Beaucaire. [4495] Mais l'ingénieur qui avait tendu le bosson arriva, et [lui et d'autres] entrèrent en cachette dans la roche , pensant fendre le mur avec des pics émoulus. Ceux du
1. On ne voit pas à quoi se rapporte ce c leur ». H est possible qu'avant cette phrase un vers ou deux aient été omis, dans lesquels il était question des croisés renfermés dans le château; il se peut aussi que lor signifie non pas c leur », mais i alors » [For),
?. C'est une expression bien exagérée, puisqu'on va voir par la suite que la brèche n'était pas encore praticable. On pourrait sans doute, au lieu defondutt, ruiné, écroulé, que porte le v. 4489, proposer f enduit, qui serait moins fort, mais le vers suivant et la réd. en pr. confirment le texte que nous avons.
3. C'est à peu près le procédé du loup, décrit par Gilles de Rome dans son traité de re militari velerum ; ch. xxn : c Contra c hanc autem [trabem ferratam = bélier] constituitur quoddam c ferrum curvum, dentatum dentibus fortissimis et acutis, et c ligatum funibus, cum quo capitur caput arietis, vel caput illius c trahis ferrate ; quo capto perditus omnino aries est, ad supec riora trahitur vel ita suspenditar ut magis nocere non posait, c U nde est quod bellatores antiqui hujusmodi ferrum vocaverunt c luptrm, eo quod acutis dentibus arietem caperet » (Hatm, CoU UoHo immlUM. veter. et récent. I, 64).
240 CROISADE CONTRE LES iLRIGROIS. [4246]
donjon, ayant remarqué leur présence, enfermèrent du feu, du soufre et de l'étoupe dans un drap, [4500] et les descendirent avec une chaîne le long du mur. Et lorsque le soufre fut enflammé et liquéfié, l'odeur et la flamme ont tellement suffoqué les mineurs, qu'aucun d'eux ne put y rester et n'y resta. Alors ils se défendent avec les pierriers [4505], brisant et tranchant barrières et palissades. Sur la haute tour, au-dessus des créneaux, le lion1 s'est pris à lutter avec la flamme, de telle sorte que peu s'en est fallu qu'il ne fût rompu. Et le tourner crie : c Montfort nous a c perdus, [4540] mais ce n'est point sa faute puis- « qu'il ne peut nous entendre *, car le vaillant jeune c comte nous a tous surpris. » Et il montra les serviettes et la bouteille qui luit, pour signifier que leur pain est mangé et leur vin bu. [4515] Le comte de Montfort, apercevant leurs signaux, s'assit à terre, plein de dépit et de fureur. À haute voix il s'écrie 7 plein de colère : « Chevaliers , aux armes ! * et il fut si bien obéi que par le camp s'élève le cri et la rumeur, [4520] qu'aucun homme valide, jeune ou chenu, ne resta en arrière. Tous s'arment à la fois et montent à cheval. Les trompes et les clairons résonnent, et ils montent au Pu y des Pendus3, c Seigneurs, * dit le
1. L'enseigne de Simon , qui portait un lion. Il faut supposer que les assiégeants avaient réussi à lancer du feu jusqu'au sommet de la tour. C'est ainsi qu'a entendu la rédaction en prose.