M. à m. c les roseaux
2. J'ai imprimé nous avec Fauriei , mais le ms. porte plutôt nons.
3. La machine de guerre ainsi appelée; voy. le vocab. au mot castel.
4. Le portail de la Vigne, plus tard appelé c portale vêtus », se trouvait au 8. -O. de la ville, à l'endroit appelé le c Coin de Régis »,
des barricades maçonnées dont les passages et les ouvertures sont disposés de biais1. Là s'assemblent en force les meilleurs chevaliers.
[4615] Dans le donjon si grande est la préoccupation que Lambert de Lknoux monte à l'un dès étages avec toute sa compagnie , et prend conseil avec eux : c Seigneurs, » dit Lambert, c nous 4 sommes tous compagnons , et dans le bien comme c dans le mal nous prendrons tous notre part. [4620] c Dieu nous a plongés en une telle misère, que nous c souffrons pire peine qu'âme d'usurier*. Nuit et jour c les pierriers et les arbalétriers nous combattent dé c toutes parts. Arches et greniers sont vides à ce point c [4625] que nous n'avons pas un setier de blé , et nos c chevaux sont tellement affamés qu'ils dévorent le c bois et l'écorce. Le comte de Montfort ne peut nous c porter secours, le jeune comte refuse de nous c admettre à capituler, [4630] et nous ne savons t route, voie ni sentier pour sortir de ce mortel péril, c de cette profonde affliction , de ce terrible embarras 3 . € Je demande conseil d'abord à Dieu, puis à vous. » Guillaume de La Motte répondit le premier : [4635]
c.-à-d. à l'angle formé par la rencontre de la rue Basse et de la rue de Régis (Eyssette, Hitt. de Beaucaire, II, 18a, 201-2). — Le nom de portail de la Vigne ne parait se trouver dans aucun autre document, mais il ne faut pas oublier qu'après la Chanson de la croisade, les plus anciens documents que nous possédions sur la topographie de Beaucaire ne sont que du xiv« siècle.
1. Sens douteux. Il se peut qu'un vers ait été omis après 4613.
2. On sait que Dante place les usuriers, près du fond de son enfer, au bas du septième cercle.
3. On pourrait, en coupant la phrase après le v. 4631, traduire : « Et de cette profonde affliction je demande »
Par Dieu! beau sire oncle ,. puisque la faim nous presse, je ne sais autre conseil pour notre avantage sinon de manger les roussins et les destriers, car bonne fut la viande du mulet que nous mangeâmes hier1 ; nous nous accommoderons à chaque jour d'un quartier pour cinquante. [4640] Quand nous serons à la fin, que nous aurons mangé le dernier, dès lors que chacun mange son compagnon. Celui qui est le plus mou à la défense et le plus prompt à s'effrayer, c'est droit et raison que nous commencions par lui. > R. de Roquemaure' frappe ses mains l'une contre l'autre : [4645] c Seigneurs, moi qui l'autre jour ai abandonné mon seigneur pour le comte de Montfort, c'est la récompense que je recevrai. Il est bien droit que je le paie puisque je me reconnais coupable. > Après tous les autres, Ramier [de Ghau» deron] répondit ainsi : c Par Dieu ! sire Lambert, nous en ferons autrement. [4650] Guillaume de la Motte donne un conseil diabolique : jamais je n'ai trouvé bon goût à la chair humaine. Mais, lorsque les coursiers arabes seront mangés, nous avons un pain et force vin dans le cellier : au nom de Jésus-Christ, le droiturier seigneur, [4655] recevons son saint corps véritable, et puis, garnis du haubert doublier, sor-
4. Le mulet a une chair tendre et délicate, mais il en est tout autrement de celle du cheval.
2. Un c R. de Rocamaura, de la seigneurie de Villemur (Haute* Garonne), et par conséquent homme du comte de Toulouse, parait dans une charte de la un du xn" siècle (Teulet, Layettes du Tr4$or, n° 543); mais il est bien douteux qu'il soit le môme que celui de la chanson. Il y a plus de probabilité en faveur d'un c R. de Roc camaura, » témoin le 30 janvier 1215 à l'hommage rendu par Simon de Montfort à l'archevêque d'Arles (Molinier, Catal. n° 95).
c tons par h porte, descendons l'escalier, et eommen-
t colis la lutte et le carnage, de teUe sorte que le pavé
t et la place en soient teints de sang. [4660] Mieux
« vaut mourir ensemble par le fer que mener une vie
€ honnie et être faits* prisonniers! — Voilà le conseil
c que nous suivrons, » dit maître Ferrier1, c car mieux
< vaut mort glorieuse que vivre en captivité ; et pen-
« sons à nous défendre !
[4665] c Pensons à nous défendre, qu'aucun ne c montre de faiblesse , car tout le jour nous combatc teot nos mortels ennemis! nous avons perdu nos c forces quand les vivres nous ont manqué ; et nous « n'avons seigneur, ni parent ni ami qui jamais nous c puisse aider dans notre détresse. {4670] Mieux vaut c donc la mort que d'être crucifiés tout vifs*? * Là dessus, voici qu'entre dans la salle un mendiant, qui s'écrie : < Seigneurs, armez-vous! je vous dis en c vérité que je vois la chatte si près d'ici , que je crois f qu'elle s'attaque au mur. » Le conseil se sépare et le tumulte commence; [4675] chacun de son côté se rend à son poste. Là dessus, voici la chatte, pensant faire sortir un pic : mais l'habile ingénieur , au cœur sûr et antique3, prit du goudron enflammé, en remplit un pot et le lança sur la chatte : [4680] le brandon