‹ La chanson de la croisade contre les Albigeois, commencéeChapitre 15 sur 303 · Haute-Garonne, arr. de Toulouse · texte numérisé non relu

Haute-Garonne, arr. de Toulouse

20 CBOISADE CONTRE LBS ALBIGEOIS. [4209]

Le vicomte de Béziers ne cesse, nuit ni jour , de mettre sa terre en défense, car il était plein de coeur. Aussi loin que s'étend le monde il n'y a meilleur chevalier, [345] ni plus preux, ni plus large, plus courtois ni plus aimable. Il était neveu du comte Raimon et fils de sa sœur. Lui-même fut catholique : j'en prends à témoins nombre de clercs et de chanoines qui vivent en couvent; mais, par suite de sa grande jeunesse1, il était familier avec tous, [350] et ceux de son pays, de qui il était le seigneur, n'avaient de lui ni défiance ni crainte ; loin de là : ils jouaient avec lui comme s'il eût été leur compagnon. Tous ses chevaliers et les vavasseurs protégeaient les hérétiques , qui en château, qui en tour; [355] par suite de quoi ils furent détruits et mis à mort avec déshonneur. Lui-même en mourut à grande douleur s, — ce fut péché et perte, — pour cette grave faute. Je ne le vis qu'une fois : lorsque le comte de Toulouse épousa dame Eléonore 3 [360] la meilleure reine, la plus belle qu'il y ait en chrétienté ni en terre païenne, ni aussi loin que le monde s'étende, jusqu'en Asie4. Je ne saurais dire

1. Il avait environ vingt -quatre ans; voy. ci-dessus p. 11, n. 4.

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