Cf. p. 212, n
3. La proéminence du centre de Fécu, voy. bocla au vocabulaire.
4. Traduit d'après la correction proposée à la note du v. 4900.
5. Le v. 4902, assemblage incohérent de mots, n'est pas traduisible.
il 17
258 CROISADE CONTEE LIS ALtMSO». [4246]
l'étoupe, du sel, des onguents, des emplâtres, des bandes d'étoffe1 pour les coups et les blessures douloureuses. Mais que Beaucaire soit sans crainte : il n'en doit plus avoir, car le comte de Montfort et les autres chefs [491 5] ne reprendront pas la ville !
Ils ne la reprendront pas ; car voici qu'ils se mettent à considérer dans leur conseil les périls, les tourments, les fatigues, les guerres, les maux, les luttes, les pertes, les souffrances ; car le comte de Montfort est dépité et dolent, [4990] et convoque ses hommes et ses parents. Dans la tente de soie, où l'aigle resplandit, ils parlent et délibèrent en secret : c Seigneurs, » dit e comte, < Dieu me fait connaître par des signes apparents que je suis hors du sens; [4925] car j'étais puissant, preux et vaillant, et maintenant ma situation est réduite à rien. Ni la force, ni la ruse, ni l'audace ne me donnent moyen de recouvrer mes barons et de les tirer de là dedans. Et pourtant, si je quitte ainsi honteusement le siège, on dira par le monde que je m'avoue vaincu. — [4930] Beau frère, > dit oui, « je vous dis en vérité que Dieu ne veut plus souffrir que vous teniez plus longtemps la ville de Beaucaire ni le reste. Il regarde et pèse votre conduite : [4935] pourvu que toute la richesse, tout l'argent soient à vous, peu vous importe la mort des hommes ! > Là dessus, voici un messager qui vient précipitamment tout droit au
i . Voir savenal au vocabulaire.
[4246] CâOISADB GOffTftB LES ALBI6IOIS. 259
pavillon du comte, et lui dit avec tristesse : c Sire comte de Montfort, votre énergie, [4940] votre dureté, votre audace sont vaine chose et néant : vous perdez vos hommes d'une façon si cruelle qu'ils ont l'esprit et l'âme sur les dents. Je suis sorti du château, et tel y est l'effroi [4945] que, pour l'Allemagne entière et tout l'argent du monde, je ne resterais pas là dedans , tant y est grande la souffrance. Voilà trois semaines, je vous le dis en vérité, que leur manquent l'eau, le vin, le blé. J'ai eu telle peur, puissent Dieu et les saints me protéger! [4950] que tout le corps me tremble et que les dents me claquent. > Quand le comte l'entend, dépité, furieux, noir de colère, de l'avis de ses hommes et avec leur adhésion, il envoie ses lettres là dedans1, en secret, à Dragonet, qui est sage, fin et prudent [4955], afin qu'il entre en pourparlers avec le comte : que lui (Simon) s'engagera à lever immédiatement le siège, à condition que ses hommes9 lui soient rendus jusqu'au dernier. Et Dragonet qui est preux, adroit, homme de valeur, a tant parlé d'un côté et de l'autre [4960] que le comte de Montfort recouvre ses hommes, mais rien de plus , le comte de Toulouse retenant en totalité les chevaux, les harnais et tout l'équipement. Et au retour du jour, dès que luit le soleil, le comte lève le siège8.
1. C.-&<L dans la ville de Beancairo, où se trouvait Dragonet, comme on le voit au v. 4702.