C.-à-d. bons catholiques
5. G.-à-d. c sans jugement ». — Voir le texte de P. de V.-G. à la note 2.
6. Ge lieu est d'autant plus malaisé à déterminer que les Bastides sont plus nombreuses dans le Midi. P. de V.-G., qui garde le silence sur la prise de la Bastide, nous fait par compensation connaître un séjour de Simon de Montfort à Pont-Saint-Esprit et
de quoi lui et Dragonet ont conclu un accord1. Puis le comte manda à l'évéque de Viviers (car il s'était brouillé avec Àdémar) de lui envoyer sans bruit des bateaux par le Rhône1. Puis ils passèrent sur l'autre
sa rencontre en ce lieu avec le cardinal légat, circonstances dont la chanson ne dit rien. C'est sans doute bien peu après la prise de la Bastide que Simon arriva à Pont-Saint-Esprit. Son séjour en cette ville est daté par un acte passé le 14 juillet 1217 c in exerc citu Domini, juxta Portum Sancti Saturnini 9 (Molinier, Catal* n° 145). C'est donc entre Vauvert ou Bernis et le Pont-Saint- Esprit qu'il faut chercher notre Bastide, ce qui conduit à l'identifier soit avec la Bastide d'Engras, cant. de Lussan, arr. d'Uzès, soit avec la Bastide d'Orgnols, corn, de Goudargues, cant. du Pont-Saint-Esprit. Ces deux localités, sur lesquelles on possède des mentions anciennes (voy. G. Durand, Dict. topogr. du Gard)% sont situées à 13 kil. l'une de l'autre, sur une même ligne, la première au sud, la seconde au nord.
1. L'enchaînement des faits n'est pas très-facile à saisir. Il ne semble pas cependant que le texte offre ici une lacune, et il est probable que le petit développement que contient à cet endroit la réd. en pr. (voy. 1. 1, note sur les vers 5684*5) a pour objet de donner plus de clarté au récit : le fait est qu'après s'être emparé de la Bastide, le comte de Montfort prit et détruisit « turrem Draconeti « fortissimam super ripam Rhodani sitam. • P. de V.-C. p. 109 a. Il est fâcheux que l'histoire ne nous dise pas sur quelle rive. A priori on serait porté à placer k tour en question à Mondragon, sur la rive gauche, mais la suite , tant chez P. de V.-C. que dans le poème, montre que Simon de Montfort n'avait pas encore passé le Rhône. H faut croire qu'après avoir subi cet échec, Dragonet, que nous avons vu plus haut au nombre des partisans du comte de Toulouse (v. 3859, 3870, 4400, 4702), crut de son intérêt de traiter avec Simon, et c'est peut-être là ce qu'aura voulu dire le poète au v. 5685. Mais il reste une difficulté. Nous avons vu cidessus (v. 4954) Dragonet prêter ses bons offices au chef de la croisade en une circonstance difficile; il est donc malaisé de s'expliquer la destruction de son château telle que la rapporte P. de V.-C.
2. La brouille de Simon avec Adémar de Poitiers (sur lequel voy. p. 206, n. 1) et les circonstances du passage du Rhône nous
rive. [5690] Le vaillant jeune comte en eut le cœur affligé : on1 avait coupé le vignoble de Valence % et volontiers il eût résisté, si on l'avait écouté. Puis [Simon] entre à Monteil3, où Lambert4 le conduisit. Il se dirigea vers le Crest Arnaud, et l'assiégea, [5695] et en eut par capitulation maint bon baron prisé : Guillem Àrnaut de Die5 au cœur généreux, et Berbon de Murel8, avec sa suite7. L'évêque de Die commit une bien mauvaise action, lorsqu'il lui rendit le château qu'il tenait. [5700] Ce fut pour les Proven-
sont connues par P. de V.-G. Cet historien nous apprend que le légat pria le comte de passer en Provence pour faire rentrer dans Tordre ceux qui troublaient la paix : c Raimundus enim filius c quondam comitis ïolosani, et Ademarus Pictavensis, et comc plices eorumdem negotium pacis et fidei in partibus illis totis f viribus perturbabant. Obedivit cornes nobilis voluntati cardic nalis, et fecit sibi parari apud Viyariam naviculas, ut Rhodac num transiret ; quod audientes adversarii ipsius, con vénérant c in unum per terrain ut eis transitum impedirent; sed et Avec nionenses, venientes per Rbodanum cum navibu6 valde munitis, c proposuerunt comiti transitum prohibere ; sed, cum paucissimos « de militibus comitis transire vidèrent, divino miraculo versi in f timorem, fug© pr&sidia quaesierunt » (p. 109 ab).
1. Les croisés. Le texte, peut-être corrompu, ne donne pas très-clairement le sens que j'adopte en forçant un peu. 11 y aurait p.-ê. lieu de transposer les vers 5691 et 5692.