‹ La chanson de la croisade contre les Albigeois, commencéeChapitre 183 sur 303 · Je conserve un mot de Pane, fr. (tympanum · texte numérisé non relu

Je conserve un mot de Pane, fr. (tympanum

5. Il ne faut pas perdre de vue que balada et dansa peuvent signifier : 1° des danses, 2* les poésies qu'on chantait en dansant pour marquer la mesure.

[4246] CftOISiDB CONTRE LES ALBIGEOIS. 307

grand besoin , pour gouverner la ville et veiller à ses intérêts ; pour défendre les droits du comte, ils ont choisi un viguier bon, homme de valeur et de science, habile et agréable. L'abbé1 et le prévôt rendent chacun son église, [5970] dont le sommet* et le clocher furent mis en état de défense. Et le comte se tient à Toulouse, son chef-lieu seigneurial; mais ses pires ennemis chevauchent en bataille, Guiot et Gui son oncle 8, et les autres chefs, de bon matin, le vendredi, armés du fer et de l'acier. [5975] Dieu veuille le défendre !

Dieu veuille le défendre! car le temps est arrivé où le comte est reçu avec amour dans Toulouse ; et dès lors Prix et Parage sont à jamais restaurés. Mais Guiot et Gui y viennent pleins de fureur, [5980] avec leurs belles compagnies, et suivis de leur convoi. Alain et Foucaut, sur les chevaux crenus, enseignes déployées et les gonfanons dressés, chevauchent vers

1. L'abbé de 8aint*Sernin? U s'appelait Jordan, voy. Gall. Christ., XJH, 95.

2. Pèna peut s'entendre en ce sens; voy. Du Gange, pinna. Il ne serait cependant pas impossible que le copiste eût écrit pena, au lieu de porta.

3. Guyot, fils (voy. p. 290, n. 1), et Gui frère de Simon de Montfort. P. de V.-G. p. 109 e : c Audito nuntio de prodi- « tione Tolosae, Guido de Monteforti frater comitis, et Guido filius • ejusdem comitis, et plures milites cum eis quos cornes dimiserat c in partibus Carcassonœ ut custodirent terrain, cum festinatione c perrezerunt Tolosam, et miserunt se in munitionem prœdictam c {le château Narbonnais) ubi erat comi tissa, et in domibus florin - « secis, ne adversarii a parte exteriori obsiderent munitionem. »

Toulouse par les chemins qu'ils connaissent bien. Des écus et des heaumes où brille, l'or battu, [5985] il en vint tant à la fois qu'on eût dit qu'il en pleuvait ; d'oriflammes (?) et d'enseignes toute la place reluit. Au val de Montoulieu S là où était le mur ruiné, Gui de Montfort leur crie , et il fut bien entendu : c Francs c chevaliers à terre ! » On obéit, [5990] et au son des trompes chacun est descendu. Formés en bataille, l'épée nue, ils se lancent vigoureusement par les rues, forçant le passage et brisant les obstacles. Les hommes de la ville, jeunes et vieux, [5995] chevaliers et bourgeois ont soutenu leur effort. La brave et habile population a tenu tète en combattant avec acharnement; sergents et archers ont tendu leurs arcs, qui ont reçu et donné les coups. [6000] Mais les assaillants, de plus en plus hardis, leur ont tout d'abord enlevé barrières et palissades, et se sont mêlés avec eux dans les rues, tellement que bientôt un incendie fut allumé ; mais les habitants l'éteignirent avant qu'il se fût étendu. [6005] À travers la foule est venu Rogier Bernait avec la compagnie qu'il commande et conduit, et sa présence , lorsqu'il eut été reconnu , raffermit les courages. Pierre de Durban', à qui appartient Mon-

Page 1