‹ La chanson de la croisade contre les Albigeois, commencéeChapitre 189 sur 303 · C'est-à-dire des hommes de leurs fiefs et des soudoyers · texte numérisé non relu

C'est-à-dire des hommes de leurs fiefs et des soudoyers

2. Fauriel distingue, dans la table des noms, Bernard Jordan, Bertrand Jornand (faute de lecture, le texte, v. 8996, porte « Ber- « trans Jordanes »), Bertrand de Vlsle, et Bertrand Jordan. Je crois que ces personnages doivent se réduire à deux : Bernart Jordan, seigneur de l'Isle , et Bertran Jordan, qui figurent à côté l'un de l'autre aux vers 9535 et 9536. Le premier, le seigneur de llsle, parait aux vers 2668, 8543, 9535; c'est pour lui que Guiraut d'Armagnac et d'autres se portèrent caution, le 18 décembre 1217 (voy. ci-dessus p. 147 n. 1 et 312 n. 3). Il était fils de Jordan II de llsle et d'une sœur de Raimon Rogier, comte de Foix (voy. ci-dessus p. 176, n. 1) et avait épousé une fille naturelle de Raimon Y. Le second est toujours appelé Bertran Jordan tout court; c'est celui qui est ici mentionné , et qui reparait encore aux vers 7135, 8996, 9091, 9536. Il était frère du précédent. Dans le testament de leur père, en 1200 (Vaissète, III, pr. 189), il est appelé

344 cmoisiDB comas lis albigeois. [4246]

et Ot1 pour revendiquer leurs droits, [6115] Guiraut de Gourdon à qui est Caraman', Bernart de

« Jordanus t tout court, mais ailleurs (par ex. dans Vaissète, III, pr. n* glxvhi, dans Teulet, n° 1799) il est appelé « Bertrandus « Jordanus ». On peut voir sur l'histoire de cette famille, Vaissète, HE, note XLn, et Tamizey de Larroque, Documents pour F Eût. de ÏAgenaU, 1875, p. 27.

1. Ot parait encore, comme ici, en compagnie de Bertran Jordan, aux vers 7135 et 9536. C'était son frère. Il ne parait pas différent de l'Ot de Terride sur lequel voy. ci-après, p. 377 n. 2.

2. Garaman est un ch.-l. de c. de la Haute-Garonne, à Test de Toulouse. Dans une charte de 1174 (n. st.), figure un Guiraldu* de Gordono en compagnie de P. de Caraman et de Donatus de Caro* mon (Teulet, Layettes, n* 258). C'est probablement le même qui dans un acte de 1177 (n. st.), passé à Saint- Antonin, est appelé Guiraldus de Gordone de Monteacuto (ibid. n* 273). Le personnage désigné dans ces deux documents était, sinon le G. de Gourdon du poëme, du moins l'un de ses ascendants. D'une déposition faite devant l'inquisiteur Ferrier (voy. ci-dessus p. 222 n. 1) , il résulte que notre G. de Gourdon était hérétique et qu'il s'était antérieurement trouvé en rapport avec le comte Raimon YI :

c Anno nativitatis Domini m° gg° xl° iiij0, ix° kal. Martii, Pont cius Carbonelli de Faget*, diocesis Thol., requisitus de veritate c dicenda de se et aliis, tam vivis quam mortuis, super crimine c heresis et Yaldensium, testis juratus, dixit quod Hamundus c cornes Thol., pater istius, mandavit eidem testi quadam vice « albergam , scilicet quod volebat comedere apud ipsum testem a in Castro de Fayeto; et tune ipse testis, hoc audito, venit in « domum suam ad preparandum et ad recipiendum ipsum comic tem; et cum ipse testis esset prope domum ipsius testis apud « Fayetum, invenit ipse testis ante domum ipsius testis Guirau- « dum db Gordone et Bonum Filium, hereticos, tergentes sotulares a suos. Et quando ipse testis cognovit dictos hereticos, dixit eis « quid faciebant ibi, et quare vénérant in castrum illud? et tune « heretici respondentes dixerunt eidem testis : « Bene videbitis. » « Et tune ipse testis dixit eisdem hereticis quod recédèrent a loco « illo, quia ipse testis timebat de capellano ville. Et heretici dixe-

*Le Fagvt (Hauta-Garonne), canton de Caraman.

Montagut et son frère Bertran avec toute leur mesnie, Gaillart, Arman, Esteve Savaleta qui sait prendre et bien donner, Raiamfres et son frère qui fait tête aux attaques, [6120] W. Àmaneu1, jeune homme plein d'espérances ', Âmalvis , Ugo de la Mote

• runt eidem testi qnod nunquam recédèrent a loco illo : imo « preceperunt eidem testi quod prepararet eisdem hereticis alberc gam et ad comedendum. Quo audito, ipse testis dixit quod nunf quam repeLleret ipsos hereticos a prandio si volebant comedere

• cum ipso teste ; et tune intraverunt domum ipsius testis, et rece-

• peniDt in caméra domus ipsius testis, et postmodum in mane

• venit prefatus cornes Thol. pater istius, cum magno comitatu c equitum, et intraverunt domum ipsius testis et comederunt in c domo ipsius testis ; et statim post comestionem, idem cornes et t alii qui vénérant cum eo in domum ipsius testis, exierunt inde, c et convenerunt in piano Castri, et ibi ostenderunt equos suos ; i et Ramundus de Ricaut *, bajulus comitis Tholosani, tradidit c cuilibet ipsorum hereticorum qui vénérant ibi in plateam ipsius

• castri, singulos palafredos, et fecit ipsos hereticos ascendere in c eisdem palafredis ; et statim cornes et milites omnes et alii omnes c qui vénérant cum eo, et heretici predicti simul exierunt casc trum, et tenuerunt viam suam versus Vaurum, quod erat tune c temporis obsessum. » (Doat, XXIV, 35 ss.)

Le siège de Lavaur auquel font allusion les derniers mots de cette déposition est, ou celui de 1211, alors que cette ville fut prise par Simon de Montfort (ci-dessus, p. 84-6), ou celui de 1220, quand la ville fut reprise sur Amauri de Montfort (Vaissète, ni, 314). — « Geraldus de Gordo » est encore mentionné, avec la qualification d' t heresiarcha », dans une enquête qui parait avoir été faite N entre 1231 et 1236, le fait à propos duquel il est mentionné se rapportant à 1223 (Doat, XXI, 42 v°).

1. W. Amaneu reparaîtra au siège de Marmande (v. 8961). Je ne sais s'il faut l'identifier, ou son père, avec un • Guillelmus Amen. » dont la terre avait été confisquée par Simon de Montfort, et concédée par le même à Pons Amaneu (Molinier, Catal. n« 78).

2. La réd. en pr. offre pour ces noms des variantes dont quel-

" Doat, Rocavt, mais voy. la note i de la p. 47.

le vaillant, Bertran de Pestillac1 qui soutient les revendications, W. Arnaut', qu'accompagnent la joie et l'éclat, [tous], avec bonne compagnie et au son des trompes. [6125] Par toute la ville s'élèvent la joie, le bruit, le tumulte ; petits et grands y prennent part.

Cependant la comtesse se tenait pensive et soucieuse dans le château, sur la galerie de la tour, contre le parapet, regardant et considérant les allants et venants, [61 30] les hommes et les dames qui travaillent à la défense; elle entendit les ballades, la rumeur, les chants8; elle soupira et trembla et dit en pleurant : c Je c vois bien que mon bonheur baisse et que le deuil et c la ruine croissent; et j'ai grand peur pour mes enc fants et pour moi. » [61 35] Néanmoins, son messager a pris tant d'avance qu'en faisant pleines journées et en forçant la marche, il est arrivé auprès du comte, et lui parle en roman. Il s'agenouille devant lui, et soupire en lui donnant la lettre scellée.

ques-unes offrent p.-é. la bonne leçon : « Arnaut de Montagut et c son père Gailhart Bertran, et Guilhalt (?) de Marinant et Estefe c de la Valeta, Azémar son frère et Guiraud de la Mota (Uc$ de la i Mota manque) ». Arnaut de Montagut notamment, qui parait au v. 6847, n'est pas improbable.

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