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coups férus, [704 0] que ceux de la ville trébubhent et tombent les uns après les autres ; nombre d'entre eux tombèrent dans l'eau tout habillés. Les Françaiq&ont fait une attaque si furieuse qu'ils ont passé le fossé et l'eau. Cependant ceux de la ville, grands et petits, s'écrient : [7045] € Sainte Marie, sauve-nous, que c nous ne soyons pas anéantis! » Rogier Bernait éperonne et vient défendre le passage; il résiste éner* giquement et rétablit le combat. De leur côté, les hommes de la ville et les bannis réunis ensemble, [7020] chevaliers, bourgeois et hardis sergents, supportent l'effort de l'attaque. De part et d'autre ils se sont frappés de telle sorte que le Château, la ville et le champ en retentissent. Mais les dards et les lances, les épieux acérés, [7025] les masses fourbies, les écus brunis, les haches aiguisées et les aciers trempés, les pierres, les carreaux fourbis, les lames et les flèches, les moellons préparés d'avance, tombent si serrés des deux parts [7030] que les hauberts et les heaumes sont brisés et fendus. À force de résister et de frapper, ils (ceux de la ville) les ont tellement pressés l qu'ils les ramènent battant, et les repoussent en désordre, tombant abattus et blessés dans le fossé. [7035] Se défendant et battant en retraite, les barons [croisés]* sortent de la ville, et leurs chevaux sont ensevelis sous la glace. Insignes et couvertures, bons chevaux arabes, garnements doubles, écus peints à
1. D'après la correction proposée au v. 7031 ; on pourrait aussi supposer une lacune entre vencen et adaptit.
2. Li baro% 7035; Fauriel entend les barons de Toulouse. Le texte est ici fort confus. Je ne cherche pas à traduire exactement les vers 7034-5.
fleurs, freins et selles, poitraux1 brisés, [7040] y restent engagés en mainte manière. Au moment où la mêlée se rompit, ils se refrappèrent de telle sorte qu'il n'y a corps ni membre qui ne s'en soit ressenti. Et lorsque, tant du dedans que du dehors8, on eut abandonné la lutte, [les assiégés] entrent joyeux et triomphants dans la ville, [7045] tandis que les Français s'en reviennent le cœur plein de douleur.
Et quand le comte fut rentré, et qu'on se fut désarmé, le cardinal et l'évêque se présentèrent revêtus des habits sacerdotaux, et saluèrent le comte, lui donnant leur bénédiction. « Sire comte, » dit l'évêque, ces hommes réprouvés, [7050] si Jésus n'en pense, seront difficiles à convertir. — Évêque, » dit le comte, € Dieu m'a bien protégé, mais je crois que vous et le clergé m'avez trahi, car la place que j'avais conquise la croix à la main, glaive et mauvaise fortune m'en ont dépouillé. — [7055] Comte, > dit le cardinal, c priez le Saint Esprit qu'il n'ait point entendu votre plainte ni votre blasphème, car celui qui se laisse aller à la colère, renonce9 à merci, à droiture, à sagesse ; et là où merci décline, où le bien est oublié, [7060] merci y perd son nom, le gouvernement et la direction. — Sire, » dit le comte, c pardonnez-moi cette faute, je suis si dépité et si furieux que je ne sais plus ce que j'ai dit. J'ai bien droit d'avoir le dépit au cœur,