Assiégés et assiégeants
3. Je traduis d'après la correction proposée à la note du v. 7058. On pourrait aussi supposer une lacune, ayant ou après ce vers, ou encore après e bon ten.
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et d'être hors du sens, quand une gent perdue ot'a dépouillé, à ce point que [7065] jamais, si longtemps que je vive, je ne m'en serai assez vengé. Mais, par sainte Marie qui a nourri son fils, si je ne puis trouver moyen de les déconfire, je vois mes affaires et les vôtres compromises et à l'aventure. »
c [7070] Nos affaires sont à l'aventure, et je me croyais si assuré de n'avoir plus à souffrir mal ni guerre, ni peine, sinon du côté de la Provence; et encore pensais-je bien la conquérir, et abaisser et détruire tous mes ennemis, gouverner mes terres, acquérir assez de puissance [7075] pour me faire obéir de tous par gré ou par force, aimer sainte Église et servir Jésus-Christ ! Maintenant je ne sais plus que dire ni qui m'a ensorcelé : les merveilles que raconte Merlin me semblent se réaliser1. [7080] Jamais je n'aurais cru m'abuser à ce point8 : je croyais être bien sûr et certain que le comte Raimon s'était réfugié chez les Sarrazins, ou dans quelque terre étrangère , que jamais plus je ne le reverrais ici : maintenant je le vois briller d'un nouvel éclat et enflammer maint cœur3. [7085] Car
i. Voir la note 1 de la p. 193. Je ne sais à quelle prophétie il est fait ici allusion.