Le poète a de plus, pour la rime, a présent et a rescos
4. J'ignore qui est ce Pierre ; il se pourrait que le copiste eût répété à tort le nom qu'il venait d'écrire au v. 7250.
5. Mot de l'ancien français qui désigne une garniture de cuir fixée à l'intérieur de l'écu et dans laquelle on passait le bras. Cette garniture se composait probablement de deux anneaux placés à distance convenable, d'où l'usage extrêmement fréquent de dire Ut enarmeê au pluriel. L'interprétation de brasos par enarmes ici, et
ment que le champ en frémit. Mais Simon Galoer, beau et preux chevalier, le fils du vaillant maréchal1, s'écrie : c Montfort ! Montfort ! » et les frappe avec force, [7260] abattant sergents et damoiseaux. Il est frappé de tant de côtés dans cette forêt de glaives *, qu'il resta sur la place, mis en pièces. Bertran de Pestillac, désireux de frapper un bon coup, frappa un archer de telle sorte qu'il lui fendit les reins, [7265] car il lui mit l'enseigne dans le corps, la lance et le pennon : le sang rougit l'herbe et le sable. Le comte de Montfort, dur et superbe, frappe dans le tas et en abattit deux. De tant de côtés on le presse, [7270] que son cheval s'abat, et que l'arçon se brise. Le comte tombe à terre sur ses pieds; il résiste, se retourne et remonte en selle. Au milieu de la presse est W. Arnaudon, pris et retenu de force, mais il est si rusé, [7275] qu'il se laisse choir à terre à genoux ; ceux de la ville étant venus à la rescousse, il revint aux siens, ayant perdu son cheval. Au partir de la mêlée maints furent dans l'angoisse,
probablement aussi au v. 2113, est rendue probable, sinon certaine, par les considérations suivantes : 1° dans ces deux cas le contexte montre qu'il s'agit d'une pièce d'armure, non pas d'une partie du corps (comme dans les autres exemples relevés au glossaire) ; 2° cette pièce d'armure ne peut être un brassard, ainsi que traduit Fauriel, car au xiu° siècle le brassard n'existait pas encore : les manches de la cotte de mailles en tenaient lieu ; et de plus on ne conçoit pas comment, ici et au v. 2113, un seul coup aurait pu atteindre les deux brassards (los brazos), tandis qu'il est très-admissible qu'un coup violent sur le bouclier arrache les deux enarmes. La note 3 de la p. 117 et l'art, brazo du vocab. sont donc à modifier.
1. Gui de Lévi (ci-dessus p. 43 n. 3). Toutefois je ne vois pas que ce personnage ait eu aucun fils du nom de Simon; voy. le P. Anselme, IV, 12.
2. « Dans cette forêt de glaives » est emprunté à Fauriel, mais je soupçonne que el ostal glaxios est corrompu.
[4248] caoïBiDB courros lis alnssqis. 367
caries Toulousains perdirent W. P. de Maures1, [7280] et Loup de Foix 'fut blessé et bien d'autres barons, dans le champ de Montoulieu, dans le verger périlleux où chaque jour renaissent le blanc et le rouge8; mais le sang, les cervelles, la chair, les membres4, en sont les fleurs et les feuilles et les fruits douloureux, [7285] dont maints beaux yeux sont restés en pleurs.
Le comte s'en retourna triste, dépité, furieux. De colère il disait : c Jésus-Christ glorieux, seigneur, où est mon étoile, d'ordinaire si favorable, si précieuse, si brillante et si propice, [7290] que par mer et par terre s'en répandait le renom? Jamais je ne croyais me voir réduit à ce point de misère (?) que ni armes, ni saint, ni prière, ne me valussent rien ! Et puisque la sainte Eglise ne défend ni moi ni elle-même , c'est sa valeur, c'est son précieux nom qui y perdent. [7295] Cher Seigneur, je vous en prie, plaintif et inquiet, ou faites-moi mourir, ou donnez-moi la grâce de vaincre la ville et de m'en rendre maître5! » Là-dessus le comte rentre, dépité et courroucé, tandis que les barons [de Toulouse] s'en reviennent joyeux, [7300] se disant l'un à l'autre :
i . La forme actuelle serait Mauroux. Il y a des Mauroux dans la Dordogne, le Gers, le Lot et le Tarn-et-Garonne.
2. Fils, probablement illégitime, du comte de Foix ; il figure dans les actes jusqu'en 1243 (Vaissète, III, 572 6).
3. C'est de nouveau l'idée exprimée plus haut v. 7145 et suiv.
4. Ici braxos est non plus, comme au v. 7255, une pièce ou un accessoire de l'armure, mais une partie du corps ; c'est proprement la partie charnue d'un membre, non pas seulement des fesses, comme j'ai interprété, en un sens trop restreint, au vocabulaire.