‹ La chanson de la croisade contre les Albigeois, commencéeChapitre 233 sur 303 · G.-à-d. en accomplissant les promesses faites au baptême · texte numérisé non relu

G.-à-d. en accomplissant les promesses faites au baptême

« déjà mis au tombeau Prix et Parage. Et que le Seic gneur suprême , ennemi du mensonge , qui abattit « l'orgueil des anges révoltés et les précipita du ciel, c nous donne pouvoir et force de défendre notre seic gneur. Car il a sagesse et discernement : [7330] il c saura aimer l'Église et tenir la terre. »

Au commencement de mai, quand le temps commence à se faire beau, le cardinal et le comte font venir des charpentiers pour commencer la chatte ' qui devra détruire la ville, et préparer les châteaux8, les calabres, les pierriers. [7335] Sur ces entrefaites, voici venir un messager qui leur rend la joie : doucement il dit au comte : c Allez bien vite recevoir l'évêque et la c comtesse qui viennent pleins d'ardeur, avec Michel c de Harnes8 qui enflamme l'ost, Gautier de la Betone

1. C'est ici que se rapporte le passage de G. de Puylaurens cité ci-dessus, p. 86 n. 2.

2. Machine de guerre, ou plutôt fortification mobile; voy. le vocabulaire, autels.

3. Dels armes, ici et au v. 7505. P. de Y. -G. (Bouquet, 114 a b) : o Gum, jam elapsis septem mensibus in obsidione Tolosœ, « dictus cardinalis et cornes persévérassent inter multas angustias f et labores, ecce comitissa, non dissimilis viro comiti Montis- « fortis, et episcopus Tolosanus venerunt de Francia cum magna a multitudine peregrinorum, inter quos Michel de Amiens, et « postea Amalricus de Graone, viri potentes et nobiles affuerunt. » Amiens est aussi bien à rejeter que armes. Aucun seigneur du temps n'a porté de tels surnoms. D'autre part le texte du poëme et celui de P. dé Y. -G. ont ici aussi peu d'autorité l'un que l'autre, le premier parce que le personnage en question ne figurant pas dans le texte en prose, nous sommes réduits à Punique ms. du poëme; le second parce que la fin du récit de P. de Y., depuis le siège de Toulouse (Bouquet, 110 a), manque dans le meilleur ms. (B. N. lat. 2601) et a été publiée par D. Brial d'après un seul ms. (lat. 18334, venant des Minimes; le ms. de S. Germain, actuellement 12714, qu'indique aussi D. Brial, en est une copie). — Selon toute vraisemblance le personnage ici mentionné est Michel

t et Guillaume Melir1. [7340] Désormais Toulouse ne « peut nous résister ni nous échapper, et vous pou- € vez lui faire payer cher toutes vos pertes, car c voici venir une croisade qui fera du bruit (?) ; car ils t sont bien cent mille qui vont la secouer; — Dès c lors, » dit le comte, t rien ne peut plus me nuire. » [7345] Et il alla les recevoir et se mettre à leur disposition, et ils menèrent grande joie quand ils se rencontrèrent. € Seigneurs, » dit le comte, c vous aurez c tout, car si vous prenez Toulouse, je ne sais « mieux vous dire, vous boirez à la fontaine qui ne c peut tarir. » [7350] Et ils répondirent : c Ils ne c peuvent plus tenir contre nous. » Ils allèrent aussitôt renforcer et compléter le siège. Hais bientôt arrive le moment de combattre; et toute l'osi ensemble est dans la joie , car le comte de Montfort va accueillir Âmauri de Graon*, [7355] GiUebert des

de fiante* (Haraes , Pas-de-Calais , arr. de Béthune, cant. de Lens). C'est un personnage bien connu de l'histoire de ce tempslà. On a beaucoup d'actes de lui ou le concernant : 1212 (Teulet, Layettes du Trésor des chartes, nM 982, 1011 =Delisle, Cat. des actes de Ph.-Aug. n« 1355, 1378) ; 1215 (Teulet, f 106, 1122, 1134 = Delisle, 1539, 1580, 1612); 1217 (Teulet, 1215, 1222, 1259=Deiisle 1722, 1729, 1771); 1226 (Teulet 1906); i229 (Teulet, 2007). Son sceau dans Douët-d'Arcq, n* 2375. Il fut blessé à Bouvines (Bouquet, XVII, 97 a, 259 a). H fut l'un des partisans du jeune roi Louis durant son expédition en Angleterre (Hist. des âmes de Normandie et des rois d'Angleterre, p. p. Fr. Michel, pp. 169, 198, 201). C'est pour lui enfin qu'en 1207 aurait été exécutée, selon le témoignage de divers mss., une version française de la chronique du faux Turpin; mais il y a lieu, d'accord avec d'autres mss., de remplacer le nom de Michel de Harnes par celui du comte Renaut de Boulogne; voy. G. Paris, De Pseudo-Turpino, p. 56-7.

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