‹ La chanson de la croisade contre les Albigeois, commencéeChapitre 245 sur 303 · Bouchart de Marli ; voy. p. 51 n · texte numérisé non relu

Bouchart de Marli ; voy. p. 51 n

3. Sans doute, malgré l'intercalation de Bouchart, Gui de Montfort, le frère d' Amauri.

394 C10ISÀM COIfTEl L18 ALBIGEOIS. [4248]

poutre, les chevrons, les portes, les voûtes, les liens et les supports sont de tous côtés renforcés de fer et d'acier. Quatre cents de nos meilleurs chevaliers, [7850] cent cinquante archers bien armés, seront placés par moi dans la chatte, et nous tous à pied nous les pousserons dans le fond du fossé de la ville; et quand fils et pères1 seront réunis, à coups d'épée et de masses nous ferons un tel abattage [7855] que nous baignerons mon lirai dans le sang et les cervelles. Je mettrai Toulouse en feu et en charbon, ou je recevrai la mort et le martyre! — Comte, > dit le cardinal, c sainte Église vous ordonne de n'avoir crainte ni doute mauvais, [7860] car elle a pouvoir de vous dépouiller et de vous donner, pouvoir de vous défendre, pouvoir de vous pardonner, et si vous la servez bien, vous en serez récompensé. Combattez donc Toulouse, car il le faut. »

Sur ces entrefaîtes vient un messager qui leur dit ces paroles : [7865] c Seigneurs, voici venir le puis- € sant comte de Soissons*, avec une si belle troupe c de croisés que vous aurez désormais assez de monde . € — Ami, » dit le comte, c ce m'est bel et bon ; allons € les recevoir. »

c Allons les recevoir, car ils nous arrivent bien à

1. C'est-à-dire tout le monde; cf. des expressions analogues, w. 370 et 2168.

2. Raoul m de Nesle, comte de Boissons. Voir Art. de vér. Us date$, II, 929. — Sa participation à la croisade n'est connue que par ce texte.

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c point. » [7870] Le comte s'y rend avec joie, suivi de ses compagnons : Amauri, Bouchait, Guyot, Rainier1, et lorsqu'ils s'abordèrent, le comte de Montfort lui adresse de gracieuses paroles, et l'interpelle doucement : c Sire comte de Soissons, je souhaite et désire votre amour, [7875] et vous pouvez bien connaître combien j'en ai grande envie : je vous ai donné une plus grande preuve d'affection qu'à nul autre chevalier, car depuis que j'ai vu vos lettres et votre messager, m' annonçant que vous veniez à mon secours avec Oton d'Ângelier9, j'ai fait construire une chatte, un château, un pierrier, [7880] et pour que vous en eussiez tout le renom et toute la gloire, je n'ai pas voulu prendre Toulouse jusqu'à votre arrivée. Vous aurez du butin le cinquième ou le quart; les meilleurs destriers seront pour vous, et vous en donnerez à ceux qui en auront le plus besoin. [7885] Et par le pays les messagers étrangers diront que le puissant comte de Soissons vient de prendre Toulouse. » Le comte se prit à rire et lui fit cette répartie : € Sire comte de Montfort, cent fois merci de ce qu'en si peu de temps vous m'avez fait trésorier [7890] de la richesse de Toulouse que vous me donnez si libéralement. Eh bien ! que vous preniez la ville, ou que moi je m'en rende maître, je veux que tout le butin soit vôtre, et je ne vous en réclame aucune part. Et si vous m'en voulez croire, vous ferez autrement : n'en donnez pas un

i. Ramier de Ghauderon (voy. p. 44 n. 3)? — Rainier d'Aubusson, v. 7770 ? Rainier de Rançon, v. 7771 f Rainier le Frison, v. 7778 ?

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