‹ La chanson de la croisade contre les Albigeois, commencéeChapitre 276 sur 303 · Voy. p. 298 n · texte numérisé non relu

Voy. p. 298 n

7. c R. Unaldus i est, avec < Geraldus Unaldus i et c Willelmus Unaldus », au nombre des juges du procès entre les comtes de Toulouse et de Foix qui a été mentionné ci-dessus p. 297 n. 2 (Teulet, n° 623, vers 1201). Ce peut être encore c Ramundus Hunaldi > témoin en 4240 à l'hommage de Bernart et Fortaner de Comminges au comte de Toulouse (Teulet, n#2875), et qui, dans un acte de 1243, est qualifié de c filius quondam Geraldi Hunaldi » (Teulet, n" 3079).

8. G.-à-d. avec les hommes du Midi qui se sont alliés à la croi-

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nous combattre, et onques je ne vis bataille qui me plût si fort. Car, depuis que je porte les armes je ne pense pas [901 5] avoir jamais vu si bonne troupe que celle que nous avons; tellement qu'à mon jugement, s'il y a bataille aujourd'hui, orgueil et déloyauté perdront leur puissance. » Rogier

Bernart, de tout point accompli, parla ainsi : c Seigneurs francs chevaliers, on verra aujourd'hui qui est preux. [9020] Le cœur me tressaut à voir ici réunie la fleur de cette terre et de tout le Carcassais. » Le comte se prit à rire et dit courtoisement : Puisse Dieu me garder ma dame et le château Narbonnais, comme je suis décidé à ne pas faire faire demi-tour à mon enseigne jusqu'à ce que je les aie morts ou pris ! [9025]. Quand la France entière y serait avec tous les Montforts, ils auront la bataille jusqu'à tant que l'un des deux partis soit abattu. »

Puis il s'écrie de façon à être entendu de tous : Chevaliers, aux armes ! c'est le moment, et faisonsle si bien que nous n'y ayons pas reproche ! [9030] Par sainte Marie, en qui Jésus-Christ est descendu, s'ils veulent nous attendre, qu'il leur plaise ou non, aujourd'hui ils auront la bataille ! »

Aujourd'hui ils auront la bataille, en vérité, s'il c plaît à Dieu, et au départir nous verrons qui tien-

sade. Sur ce Sicart de Montant, voy. ci-dessus p. 392 n. 2. Il est mentionné par Guill. de Pnylaurens à propos du combat de Baziége; voir plus loin, p. 457 n.

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dra les dés. [9035] Nous voyou nos ennemis si près que nous pouvons leur faire payer cher nos terres. Et vous pouvez bien connaître à quel point Dieu les a pris en haine, puisqu'il nous les a amenés pour être mis à mort et à martyre. — Sire comte, > dit Ârnaut de Villemur, c un mot : [9040] en cette bataille il n'y a point pour vous d'honneur à gagner. Il ne convient pas qu'un homme de votre rang combatte avec eux, dès qu'Amauri n'y est pas, ni comte ni grand personnage. Foucaut est preux et sage, mais il n'est pas homme d'assez haute condition pour que vous risquiez votre per^ sonne en cette affaire. [9045] Dussiez -vous le prendre que vous y gagneriez peu, car de lui vous ne sauriez obtenir terre, accord ni paix. Pourtant si la bataille vous tente, vous me trouverez à vos côtés, à droite ou à gauche. — Arnaut, » dit le comte, c pourquoi me sermonner? [9050] En ce jour je me battrai , et je vous prie de faire de même, car celui qui me fera défaut en portera le reproche à tout jamais. Car tout homme, quel qu'il soit, fûtil roi couronné, doit risquer sa personne et sa puissance pour détruire ses ennemis jusqu'à ce qu'il les ait abaissés. [9055] Et travaillons à relever le pays! > Le comte de Foix dit : c Seigneur comte, donnez-moi la première ligne, celle qui aura le plus à faire. * Et le comte répond : c Vous et Rogier Bernart avec ceux de Garcassais, que je sais bons aux armes [9060] et guerriers vaillants et audacieux, avec ceux aussi de votre terre, en qui vous avez le plus de confiance, et avec votre propre compagnie, telle que vous l'avez, vous les attaque-

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rez ; et je vous recommande de frapper ferme. Pour moi, avec les barons de ma terre dont je connais la valeur, [9065] avec ma compagnie et mes privés, avec ceux de Toulouse en qui j'ai mis ma confiance, avec mon frère Bertran1, qui est tout prêt, je vous irai secourir avant que vous ayez longtemps soutenu l'effort, et nous sortirons avec honneur de la bataille. ..2 — [9070] Seigneurs, »

dit le comte, c pour cela 3 ne craignez rien : à la mort ou à la vie, quel que soit votre succès, vous me trouverez à vos côtés mort ou vivant et agissant, car pour cette bataille je suis résolu à y perdre la vie ou à en sortir avec honneur. [9075] Et puisse le fils de la Vierge qui souffrit le martyre reconnaître où est le bon droit, et considérer leurs crimes! — Voilà bien parler! > dit le comte de

Foix, c et maintenant pensons à engager le combat, et faisons-les attaquer par les hommes les mieux montés. > [9080] Rogier Bernait dit : c Faites savoir à tous que tout homme qui faiblira dans l'exécution de vos ordres sera déshérité pour toute

1. Fils naturel du comte de Toulouse; voy. Vaissète, III, 5496.

2. Il y a évidemment ici une lacune. En effet, on lit dans la rédaction en prose (voir au 1. 1 la note du v. 9069) : « et le comte c de Comminges et le reste des troupes feront la bataille », phrase qui manque dans le poëme, et qu'il faut, je pense, modifier ainsi : « feront la troisième bataille », c.-à-d. c formeront le troisième c corps ». La division de la cavalerie en trois corps, lorsqu'on marchait à l'ennemi, est de règle au moyen-âge. En outre on va voir le jeune comte reprendre la parole, avec un appel à ses auditeurs (c Senhors i, $o dit* lo corn*... 9070), paraissant répondre à un discours qui nous manque.

3. c Pour cela » ne s'explique guère que par la supposition qu'un des assistants avait exprimé quelque crainte,

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c sa vie. — Seigneurs, » dit P. le*Navarrais, c chec valiers, veillez tous sur la personne du jeune c comte, qu'il ne soit pas blessé. [9085] Par lui Prix c et Parage se relèvent, et Valeur est morte s'il lui c arrive malheur. * Loup de Foix s'écrie ; c Sire c comte, en avant! chevauchons en ligne, le temps c se passe ! * Arnaut de ViQemur s'est détaché d'entre eux, [9090] avec Guiraut de Gourdon1, Ugo d'Alfar2, l'Abbé8, Bertran de l'Isle4, Gardas Goradiatz5, Guillem et R. Unaut6 en bel appareil , Raimon Arnaut

del Pog7, 8 Rodrigo et les autres, tous faisant

force d'éperon, [9095] et les barons chevauchent en ligne après eux, les enseignes baissées et les penons déployés. Foucaut de Berzi les a bien considérés; il vit les enseignes des barons les plus avancés : il s'approche de la rivière9, et dit aux siens c Halte! » [9100] Puis il les harangue, les exhortant par de bonnes paroles : c Seigneurs barons de France, et c vous ma puissante parenté, Dieu, l'Église et moi

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