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2. Ils étaient cousins issus de germains : Constance, épouse de Raimon V et par conséquent grand' mère du jeune comte, était fille de Louis le Gros.
se montre cruel, puisse Jésus-Christ nous défendre, qui sera notre gonfalonier! — C'est là un excellent conseil, i répondent les barons. — c Barons, » dit le jeune comte qui est plein d'audace, c le conseil est sage, mais nous ferons autrement. [9380] Le roi était mon seigneur : s'il s'était montré juste envers moi, je lui aurais toujours été loyal et fidèle ; mais puisqu'il se montre plein de malice, de violence, de hauteur, puisque tout d'abord il m'a attaqué par les armes, en versant le sang, m'a enlevé Marmande, tué mes chevaliers, [9385] puisqu'il chevauche sur moi avec cette masse de pèlerins, tant que je n'aurai pas oublié la douleur, le mal, les dommages [qu'il m'a causés] , je ne lui enverrai point de messager, je ne lui ferai aucune démonstration amicale. Il est entouré de gens orgueilleux, de conseillers cruels, et je ne gagnerais rien à lui faire des avances, [9390] mais je doublerais là honte, la perte, le blâme. Mais quand le fils du roi sera ici en face de nous, quand la lutte et le carnage auront duré la nuit et le jour ; quand nous aurons vu par les places les barons et les chevaux tomber et s'abattre, et quand nous leur aurons tenu tête, [9395] si [alors] nous lui envoyons des messagers, il sera plus conciliant. Et si vous m'en voulez croire, puisque le brasier s'enflamme, avant que le roi soit notre seigneur ou ait part à notre héritage , notre cause et la sienne auront été débattues face à face de telle sorte que nous verrons si Toulouse peut résister à l'acier tranchant, [9400] si le mortier peut tenir du vin ou de l'eau, ou s'il se brisera ! . Si nous pouvons la
1. Dans ce passage (à supposer qu'il soit correct), Toulouse est
défendre, le rosier s'épanouira, et Parage reviendra avec joie et allégresse. » Après ces paroles l'accord
fut conclu1, et les consuls répondent : [9405] c Tout ce qui sera nécessaire aux barons de la terre, pous le leur donnerons volontiers. Aux compagnies des sergents soudoyés nous donnerons de bons vivres, et des hôtes agréables. Mandons par la ville que tous les écuyers viennent prendre les distributions, largement, et sans rien payer, [941 0] le pain, la viande, le vin des celliers, l'avoine, l'orge, à muids et à setiers ; le poivre, la cannelle, les fruits, de sorte qu'on en ait à bouche que veux-tu. Et si monseigneur le roi se montre mauvais, [9415] nous pourrons nous défendre pendant cinq années entières. »
Quand le conseil se fut séparé, les consuls firent
mettre tout d'abord [les reliques de] saint Exupère',
comparée à un mortier, à un vase contenant un liquide quelconque ; je ne crois pas que l'alternative vi o aiga (9400) ait l'importance que lui donne Fauriel : c nous pouvons de l'acier tranchant
essayer si c'est du vin ou de Peau » Il s'agit seulement de
savoir si le vase est solide ou s'il se brisera en laissant échapper son contenu.
4. Le discours qui suit montre que cet accord ou convention (acorders) avait- pour objet l'entretien des hommes venus au secours de Toulouse. Il se pourrait qu'il eût été omis après le v. 9402 une phrase relative aux conditions de cet accord. En effet, le discours des consuls, qui commence au v. 9404, est donné comme une réponse (c e li cossol respondo... •) et cette réponse s'applique très-mal au discours (lu jeune comte tel que nous l'avons.
2. Le sixième évoque de Toulouse, de 400 à 410 environ. Selon sa légende, il aurait protégé la ville contre les Vandales (Gall. chr. XIII, 5 ; Vaissète, I, 156). En 1226 les capitouls firent une fondation perpétuelle pour l'entretien d'une lampe devant l'autel de saint Exupère dans l'église de Saint-Saturnin, c ut Deus et
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avec lumières et candélabres , dans la voûté principale1, là où est le noble clocher. 11 fut un digne et saint évéque de Toulouse, [9420] il protège et relève ceux qui possèdent son corps. Ensuite ils donnèrent ordre aux meilleurs charpentiers de bâtir par la ville, dans les rez-de-chaussée, des calabres*, les engins, les pierrières ; à Bernart Paraire et à maître Garnier , [9425] hommes exercés à cette besogne, d'aller tendre les trébuchets ; dans tous les quartiers, ils choisissent des membres de la commune, nobles, bourgeois, commerçants notables, pour faire fortifier les portes et diriger les ouvriers. Tout le monde se mit à l'œuvre avec joie, menu peuple, [9430] damoiseaux, damoiselles, dames, femmes mariées, garçons, filles, petits enfants, chantant des ballades et des chansons faciles. Ils firent des clôtures, des fossés, des terrassements, des ponts, des barrières, des murs, des escaliers, [9435] des parapets, des courtines, des portes, des plates-formes3, des lices, des archères, des créneaux, des passages,
c Dominus Jésus Christus, intercédante beata virgine Maria et c beato Exuperio pontifice, cum omnibus sanctis, Tolosam urbem t et suburbium et omnes habitantes et habitaturos in ea, ab omni c malo et periculo, ab inimicorum infestatione sive incursions, eusc todiat, protegat et defendat. • Du Mège, Rist. des inst. de Toulouse, I, 423.
1. Sans doute dans le chœur de l'église (8aint-8ernin), à Fendrait déterminé par la mention du clocher.
2. Dans la première moitié du poème (jusqu'au v. 4419) j'ai traduit calabre par c catapulte » ; dans la suite j'ai conservé cdldbre, craignant que l'application d'un terme antique à un engin du moyen âge ne fut pas tout à fait justifiée.
3. Solers est une chambre placée au haut de la maison; mais ce mot est en rime, et par conséquent laisse beaucoup de latitude à l'interprétation.
des abris, des guichets, des abattis, des voûtes, des chemins couverts1. [9440] On a livré les barbacanes, y compris celles de la rive gauche, aux comtes et aux chefs dévoués. La ville est mise en état de défense, et largement, contre l'orgueil de France*.
Contre l'orgueil de France les mesures sont prises pour que le jeune comte se défende, lui et les siens. [9445] Là, à Toulouse, Tordre a été donné que par toute la ville, tous d'un commun accord3 Le vaillant jeune comte prendra part aux premiers engagements, et les barons de la terre, d'accord à la défense4, se partageront équitablement la besogne et les guets, [9450] et seront sous les armes nuit et jour. Les consuls de la ville et les barons honorés , chevaliers et bourgeois, remettent en bonne forme les portes de la ville aux barons qui sont avec eux, aux meilleurs, aux plus sages, aux plus entendus; [9455] puis ils ont confié les barbacanes et les nouvelles fortifications aux comtes et aux barons de prix 5 .