‹ La chanson de la croisade contre les Albigeois, commencéeChapitre 75 sur 303 · Je traduis conformément à la note du v · texte numérisé non relu

Je traduis conformément à la note du v

8. Ici Fauteur s'embrouille : selon la légende Galienne était fille de Galafre, et Braimant la recherchait en mariage. Voir sur ce récit, qui appartient à l'histoire fabuleuse de la jeunesse de Gharlemagne, G. Paris, Hist. poét. de Charlemagne, p. 229 et suiv., et Romania, IV, 306 et suiv., notamment 310-11. — Si on adoptait pour ce passage la correction proposée par M. G. Paris, le sens

Les Français de Paris et ceux du côté de la Champagne viennent à Gastelnaudari rangés par la plaine ; [2075] mais le comte de Foix, avec sa compagnie et les routiers d'Espagne, leur barre le chemin. Ils n'estiment pas leur bravoure une châtaigne, mais disent entre eux : c Barons, qu'il n'en reste pas un qui ne c courre sus à cette gent étrangère ! [2080] tellement c qu'on en soit effrayé en France et en Allemagne, en t Poitou, en Anjou et par toute la Bretagne, et là c haut en Provence jusqu'aux ports d'Allemagne1, € car de la sorte ils se corrigeront. »

Quand monseigneur Bouchart et ceux qui l'accompagnent [2085] arrivent à Gastelnaudari, alors se leva un hobereau blanc qui vint de la gauche vers la droite et alla s'élevant au vol de toutes ses forces2. Alors Martin Algai dit : c Sire, par saint Jean! quoi qu'il arrive

Berait : c qui conquit Galienne, V épouse du roi Braimant, la fille c de Galafre... •

i. L'Allemagne est déjà mentionnée deux lignes plus haut : p.-ô. devrait-on corriger, au y. 2082, tro al* ports en Espanhaî

2. Jean de Salisbury, cité par Du Gange au mot albaneUus, mentionne la même superstition. Les exemples d'augures tirés du vol des oiseaux en général sont fréquents dans la poésie du moyen-âge. Diez (Leben und Wetke der Troubadours, p. 22, note) en a réuni quelques-uns qu'il a empruntés aux troubadours ; voy. aussi Âmador de los Bios, Historia de la Literatura espa/lola, III, 141, note.

\\t CEOISIDB CONTEE LIS ALBIGEOIS. [4244]

c nous serons vainqueurs, [3090] et vous resterez c maître du champ de bataille, vous et ceux qui seront c avec vous. Vous y perdrez d'abord et y éprouverez c grande perte. — A la bonne aventure! > dit Bouchart, c tout cela \ je m'en soucie moins que d'un gant : que c seulement le champ soit nôtre! Nous et ceux qui c succomberont, nous serons honorés, autant que c nous serons de morts, [2095] et les âmes de tous c ceux qui mourront ici seront sauvées ; et si nous y c perdons [du monde] , ils y perdront aussi des meil- « leurs de leurs barons. *

Le comte de Foix chevauche avec de ses compagnons vers Saint-Martin des Bordes * : tel était le nom de ce' lieu. [2100] Ils ont les lances dressées sur les arçons^de devant et vont criant c Toulouse! » par la plaine qui est belle et longue. Les arbalétriers tirent flèches et javelots. Tels furent les cris qu'ils poussèrent et le retentissement, que vous eussiez dit que le ciel et le firmament allaient tomber. [21 05] A l'abaisser des lances grande fut la lutte : les Toulousains crient c Toulouse ! * et les Gascons c Gomminges ! » et les autres crient « Foix ! » et c Montfort ! » et c Soissons8 ! »

Page 1