‹ La chanson de la croisade contre les Albigeois, commencéeChapitre 79 sur 303 · Traduit conformément à la correction proposée en note · texte numérisé non relu

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une grande lieue ' ; mais des compagnons qu'il avait je ne m'en étonne pas. Ceux que Dieu puisse maudire1 leur enlevèrent tout le convoi. Mais en ceci ils firent, eu égard à leur intérêt, grande folie : [21 55] ils dépouillèrent le champ de bataille3 jusqu'à la fin4. Chacun, avec ce qu'il avait pris, s'enfuit au plus tôt. Le bon mulet ambiant qu'avait Nicolas, les routiers l'emmenèrent avec son garçon ce jour-là, mais il s'échappa avec les autres clercs. [21 60] J'en fus bien aise pour lui, Dieu me bénisse! car il est très-fort mon ami et mon compère, maître Nicolas.

Les Français éperonnent, tout doucement et lentement, les heaumes baissés et penchés vers la terre. [21 65] Ne croyez pas qu'ils fuient ni qu'ils reculent : de bien frapper de grands coups ils ne sont pas chiche s. La place est belle et longue et la campagne est rase ; de part et d'autre il en mourait des maigres et des gras5, ainsi que le me rapporta maître Nicolas. [2170] Ceux de l'ost les regardent6, qui ensuite en ont grand effroi, car ils furent vaincus.

1. P. de V.-C. dit au contraire que l'évêque de Gahors ramena par de durs reproches Martin Âlgai au combat (ch. lvu, Bouq. 55 a).

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