‹ La chanson de la croisade contre les Albigeois, commencéeChapitre 82 sur 303 · Pelan lagrua, locution obscure; voy. Remania, IV · texte numérisé non relu

Pelan lagrua, locution obscure; voy. Remania, IV

3. Selon P. de V.-C. l'affaire était déjà décidée en faveur de

cm.

Seigneurs, longuement a duré la bataille et le tournoi. Des deux côtés, par la foi que je vous dois, il en mourut des uns et des autres, je vous l'assure. [221 5] Le châtelain de Lavaur y perdit trois de ses fils tels que ni comte ni roi n'eut plus beaux. Cependant l'ost de Toulouse [qui] était sous Castelnaudari , dans le pré, voulait s'en aller, tant était grand son effroi; [mais] Savaric décrie à haute voix : t Seigneurs, € demeurez tranquilles : [2220] que personne ne c bouge et ne plie tente, car vous seriez tous morts c ou vaincus sur le champ1. — 0 sire Dieu de gloire! « par ta très-sainte loi garde-nous de déshonneur, > dit chacun à part soi, « que nous ne soyons honnis ! »

[2225] Quand le comte de Toulouse entend la nouvelle que le comte de Foix et les leurs sont déconfits, alors ils croient tous véritablement qu'ils sont trahis : ils tordent leurs poings; l'un dit à l'autre : c Sainte

Bouchart lorsque le comte de Montfort intervint : « Agnoscatur f igitur operata Divinitas : non enim potuit cornes bello interesse, € quamvis sub festinatione maxima adveniret : jam enim suis € militibus victoriam dederat victor Ghristus » (en. lvii, Bouq, 54 a). Quoi qu'il en soit, le récit de G. de Tudèle, qui émane d'un témoin oculaire (voy. v. 2157 et suiv., et 2169) et qui abonde en faits précis et en noms propres, est pour le moins d'une autorité égale à celui du panégyriste du sire de Montfort.

1. P. de V.-G. (Bouq. 55 b) mentionne également la présence de Savaric à cette affaire.

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c Marie dame ! qui vit telle merveille? [2330] Les nôtres c étaient plus de dix fois autant, je vous assure. » Raimon de Ricaud est si effrayé que jusqu'à Montferra nd, au vu de tous, il s'enfuit ; puis, après quelque temps, quand il eut reconnu que le comte de Montfort ne les attaquait pas, [212135] il revint sur ses pas, mais il se garda bien de se désarmer, et cette nuit il ne se coucha ni ne se déshabilla, ni ne ferma l'œil, par foi, ni ne dormit, non plus que le jour suivant.

Seigneurs, or oyez, puisse Dieu vous bénir! [2240] ce que fit le comte de Montfort à cette attaque. Quand la lutte fut finie, la bataille gagnée, lui et Bouchart, chacun à haute voix, s'écrient : « Barons, en avant, l'ost c est en déroute. » Alors tous ensemble firent une charge vigoureuse; [2245] ils assaillirent l'ost dans ses tentes et ses pavillons. Sans les fossés et la tranchée que ceux de l'ost avaient faits, l'or de Pavie1 ne les eût pas sauvés. Voyant qu'ils ne pouvaient passer outre, ces chevaliers se tinrent pour confondus, morts et trahis ; [2250] entre eux ils disaient que ce serait folie de ne point s'en retourner; qu'ils avaient assez fait pour ce jour-là2. Avant de se désarmer, nos gens de

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