‹ La chanson de la croisade contre les Albigeois, commencéeChapitre 83 sur 303 · Expression assez fréquente dans notre ancienne poésie · texte numérisé non relu

Expression assez fréquente dans notre ancienne poésie

Por tôt l'or qu'eûst en Pavie

(Renart, éd. Méon, v. 20390).

2. c Cornes autem noster et qui cum eo erant, a campo, reportata « -Victoria, revertentes, in ipsa tentoria adversariorum irrumpere

« voluerunt Hostes tôt se repagulis concluserant et fossatis

« qnod nos tri, nisi de equis descenderent, ad eos accedere non f valebant. i P. de V.-C. en. lvii , Bouq. 55 c.

France reviennent au clair de la lune dépouiller le champ de bataille. Personne ne saurait dire la grande richesse [2255] qu'ils gagnèrent là ; pour tout le reste de leur vie ils en seront riches.

Le comte de Montfort rentre dans le château (Castelnaudari) ; il est joyeux et content de la bataille. Et ceux de l'ost, une fois [leurs adversaires] rentrés, [2260] de bon matin, à l'aube, font armer leurs gens, et plient leurs tentes et leurs effets, et chargent secrètement leurs charrettes. Ils laissèrent le trébuchet à la pluie et au vent ; je ne crois pas que pour cent mille marcs d'argent ils l'eussent enlevé1. [2265] Les habitants de Puylaurens en furent très-effrayés, car ils avaient manqué à leur parole et fait de faux serments. Tout d'abord, dans le principe, ils avaient fait un accord avec le comte Simon à Lavaur, au nombre de bien cinq cents, et les premiers ils y manquèrent, tant ils sont enclins [2270] à la folle erreur * !

1. Selon P. de V.-C. (ch. lviii, Bouq. 56 ▲), ils le brûlèrent

2. L'auteur fait ici allusion à des faits qu'il n'a pas racontés; mais que nous connaissons d'ailleurs , du moins en partie. Peu après que Lavaur eut été pris par Simon de Montfort, la ville de Puylaurens avait été abandonnée par son seigneur Sicart (sur lequel voy. ci-dessus, p. 121, note 4). Simon l'avait donnée à un des siens, Gui de Luci, vers la fin de mai 1211 (P. de Y.-G. cb. loi, Bouq. 47 b). Un peu plus tard, se trouvant à Pamiers, après son séjour à Gabors (P. de V.-G. cb. lv, ci-dessus p. 105, n. 1), le comte de Montfort apprit que Sicart de Puylaurens s'était remis en possession de sa ville. Mais le serment prêté par les habitants de Puylaurens à Simon de Montfort ne nous est connu que par ce qu'en dit G. de Tudèle.

CVH.

Le comte de Toulouse, le fils de dame Constance1, s'en retourna avec son ost ; et les barons de France ne les poursuivraient pas ce jour-là, sachez-le bien, car ils ont [déjà] trop frappé de l'épée et de la lance. [2275] Les habitants de Rabastens, qui ont grande foi aux hérétiques félons et à leur folle erreur, se renièrent alors, car ils sont bien persuadés que jamais plus les Croisés n'y viendront; au contraire, selon leur estime, ils les croient vaincus, et en cette alternative [2280] sont les gens du pays qui partagent l'espérance de ceux que je vous ai dit*.

CVffl.

Les barons de Toulouse, comme vous avez ouï, s'en retournèrent attristés, soucieux et marris. Partout ils répandent le bruit que les Français sont déconfits [2285] et que le comte de Montfort s'est enfui nuitamment; Rabastens s'est rendu et ainsi que Gaillac; ils en ont tant conté8 ! Et le comte Baudouin, que Jésus puisse conserver et conduire ! était à Montaigut 4 avec Martinet

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