‹ La chanson de la croisade contre les Albigeois, commencéeChapitre 87 sur 303 · Ge personnage ne figure pas dans la liste, du reste bien · texte numérisé non relu

Ge personnage ne figure pas dans la liste, du reste bien

arriva le moment de la lutte, il n'y en eut pas un qui eût à s'en réjouir. [2370] Puisse Dieu me bénir, aussi vrai que jamais je ne vis prendre sans combat tant de châteaux abandonnés1 ! Ils occupent en passant La Garde et Puycelsi ; vous n'y auriez trouvé aucun homme qui osât y dormir, mais tous s'enfuient de nuit.

cxm.

[2375] En l'ost des croisés il y a grand noise et grand bruit. Ils ruinèrent et détruisirent Saint-Marcel9, et se logèrent à Saint-Antonin. En moins de temps que ce qu'il vous eût fallu pour cuire un œuf, il s'en emparèrent cette même nuit. [2380] De morts et de noyés il y en eut bien vingt-huit, entre les bourgeois de la ville, et dix qui se sont enfuis8. Au moûtier se réfugièrent tous, femmes et hommes, mais on les dépouilla tous, et ils restèrent nus. Les clercs furent aussi dépouillés, et grand ennui leur font [2385] les ribauds et les valets de l'armée.

Saint-Antonin Ait pris, comme dit la chanson, et les croisés emmennent Âzémar Jourdan en prison, lui et

insuffisante, que le baron de Gaujal a donnée des vicomtes de Saint-Antonin, Études histor. sur le Rouer gue, I (1858), 251.

1. J'interprète plutôt que je ne traduis. La phrase de G. de T. est assez mal écrite.

î. Cf. P. de V.-C, Bouq. 6! en.

3. Cela ne parait pas donner un bon sens, voir au 1. 1 la leçon de la réd. en pr. rapportée en note.

132 CaOISADB CONTRE LES ALBIGEOIS. [4242]

le vicomte Pons, et je ne sais combien d'autres1. Que Dieu de gloire ne me pardonne pas mes péchés, [2390] si, tandis qu'on combattait, les clercs ne chantaient pas Sancte Spiritus* en grande procession, tellement que d'une demi-lieue vous en eussiez entendu le son! Que vous dirais-je, et pourquoi allonger le récit? Un jour l'ost se mit en marche à hâte d'éperon, [2395] avec le comte deMontfort et les autres barons, laissant en garnison à Saint-Antonin le comte Baudouin, mais avant il alla recevoir Moncuc et le donjon8. L'ost [des croisés] continuant sa marche a passé Avignon 4 ; [2400] elle s'en va en Agenais, avec la bénédiction de Dieu. Arnaut de Montagut5 et les Gascons les surent bien guider par cette région. Ils démantelèrent Moncuc, qui appartenait au comte Raimon; jusqu'à Penne d'Agen ils ne s'arrêtèrent point. [2405] En nul

1 . 8aint-Antonin fut attaqué et pris le jour de l'octave de la Pentecôte (6 mai 1212), voy. P. de V.-C., fin du en. lxii, Bouq. 61-2. Cet historien ne nomme pas Azémar Jourdan : il dit seulement que le comte de Toulouse avait confié le château de Saint-Antonin : c cuidam militi, homini pessimo et perverso » (Bouq. p. 61 d). Simon ne fit pas massacrer les habitants, parce que c si f homines castri, utpote rudes et agricolas interfici faceret, casc tram illud, destructis habitatoribus, redigeretur in solitudinem • (Bouq. 62 b). C'est le môme raisonnement que pour Carcassonne (ci-dessus, p. 39, n. 1). Cf. v. 3126-8.

2. P. de V.-G. rapporte aussi que pendant l'assaut de Moissac le clergé chantait le Vent Creator (en. Lira, Bouq. 68 a), et de môme à l'assaut de Ghasseneuil (çh. lxxix, Bouq. 98 ▲).

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