Ch.-l. de cant. de l'arr. de Gaillac
4. Toute la un de cette tirade est bien obscure, et il ne serait pas surprenant qu'il y ait omission de quelques vers de la part du copiste. La mort du bailli établi par les croisés arrive ici (v. 2306) d'une façon fort inattendue. Malheureusement la réd. en pr. n'est pour ce passage d'aucun secours.
Garde , Puycelsi qu'il aimait, Saint - Marcel l et La Guépie; il est allé partout. Là fut pris Paris* que le comte assiégea. Ceux de Saint- Antonin revinrent à lui ; Montaigut se rendit avant que le mois fût passé. [2320] Sauf Bruniquel, il reconquit tous les châteaux. On leur faisait croire (aux habitants), foi que je dois à Dieu, que le comte de Montfort avait été chassé du champ de bataille, et qu'il s'était enfui en sa terre natale, et que jamais croisés en toute leur vie [2325] ne viendraient en la terre, car le plus grand nombre en était tué. Hais avant une demi-année tout aura changé pour eux, car le comte de Montfort a amené des Français8. Bientôt à Thouels4, qu'on lui a livré, il tua tous les vilains qu'il trouva ; [2330] puis il passa le Tarn sans gué, à l'aide d'un pont qu'il y avait en la cité d'Albi. Alors il prit Gahuzac après deux jours de siège5. Puis il envoya chercher le comte Baudouin à Bruniquel, où il était, et celui-ci y vint de gré [2335] avec ses chevaliers.
4. Gant, de Cordes (Tarn), voy. Rossignol, Monographies du Tarn, III, 124.
2. Parisot, cant. de L'Isle (Tarn) ? La prise de ce lien n'est pas mentionnée par P. de V.-C.
3. C'étaient des renforts amenés par Robert Mau voisin; voir P. de V.-C., débnt dn ch. lix.
4. Arr. de Saint- Afrique (Aveyron); c Castrom in Albiensi c dioecesi quod dicitur Tudelle, et erat patris Giraldi de Pepios t (cf. v. 940), illius pessimi traditoris. » P. de V.-C. ch. lx, Bouq. 58 a.
5. Cahuzac-snr-Vère, cant. de Castelnau de Montmiral (Tarn); Rossignol, Monogr. ni, 304. — P. de V.-C. (ch. lx, Bouq. 58 b) dit que le siège de cette ville eut lieu t média hieme » (ce que va préciser G. de Tud. au v. 2338), et qu'elle ne fut prise que c per c multos labores et angustias ».
Cette fois ils séjournèrent huit jours à Gahuzac, la ville étant bien garnie de vivres. Ce fut à une fête qui a nom Epiphanie, au moment le plus dur de l'hiver ; [2340] qu'ils assiégèrent Saint-Marcel1; et ce fut grande folie : Us n'y firent point de besogne pour la valeur d'une pomme pourrie, sinon en fait de dépense, puisse Dieu me bénir! Si le comte [de Toulouse] l'avait voulu, qui occupait Montauban, c'eût été merveille si cette ost n'avait été mise en déroute; [2345] mais Alain de Rouci* leur faisait telle peur, qu'ils n'osèrent tenter aucune attaque, lui et P. de Livron3, que Jésus bénisse. A la veille de Pâques la grande chevalerie des croisés se met en route avant le jour, et s'en va vers Albi4. [2350] Car les
1 . Simon de Montfort avait confié la garde de ce château à Giraut de Pépieux c pessimo traditori • (cf. v. 940). C'est à l'instigation de l'abbé de Giteanx qu'il en entreprit le siège (P. de V.-C. en. lxi, Bouq. 58 c).
2. c Alanus de Rociaco vir multae probitatis. » P. de V.-C. en. lvdi, Bouq. 56 a. Il tirait son surnom de Rouci, arr. de Laon; voy. sur ce personnage Longnon, Le liore des Vassaux, table des noms de personnes, p. 250 b. Indépendamment des témoignages cités par M. Longnon, on voit encore ce personnage figurer dans deux, actes du Trésor des Chartes, en 1201 et en 1209 (Teulet, Layettes du Trésor, n* 619 et 903). Le v. 4819 donne à entendre qu'il était seigneur de Montréal (arr. de Carcassonne) ; et en effet, dans un acte de juin 1214, il prend le titre de < dominus Montieregalis et Bromi (= Bram, c. de Fanjaux), » (Doat XCVIII, 20 v°; Molinier, Catalogue, n° 83).
3. Est-ce Livron, Drôme? Cependant un c Petrus de Livron • vassal du comte de Nevers prête serment au roi de France en 1219 [Layettes du Trésor, n° 1375). Ce nom ne figure pas dans ï Inventaire des titres de Nevers de l'abbé de Marolles.
4. Pâques est en 1212 le 25 mars. On trouvera dans P. de V.-C.
vivres leur manquent; ils n'en purent avoir mie1. Plus d'un mois et demi ils restèrent en cette situation, et puis vint la masse et la grande compagnie des croisés d'Allemagne et de ceux d'Italie, et des barons d'Auvergne et de ceux d'Esclavonie. [31355] Qui avant, qui après, ils (les partisans de Raimon) se mettent en route : ils n'attendirent pas qu'ils fussent à la distance d'une lieue et demie quand ils les virent venir.
L'ost[de8 croisés] fut merveilleusementgrande, comme vous entendez dire : par toute la terre on commence à fuir. [2360] On abandonne Montferrand et les Cassés. Tous s'en vont à Toulouse : il ne reste au pays homme qui ait pu se mettre à l'abri. Au pont d'Albi, là-haut, ils (les croisés) commencent à venir. Rabastens et Gaillac ne purent faire autrement [2365] que de se livrer à leur discrétion1, et c'est pourquoi ils s'enfuyaient, car on devait se mettre à l'abri . Ceux de Sain t- Antonio firent acte de hardiesse, poussés par Azémar Jordan3; mais quand
ch. lx (Bouquet, p. 58 d b) le récit des merveilles que les croisés accomplirent sans résultat au siège de Saint-Marcel. P. de V.-G. est d'accord avec G. de Tud. pour la levée du siège (Bouquet, p. 59 c), mais il n'attribue qu'un moi* au siège entier (p. 58 b), tandis que 6. de Tud. le fait durer de l'Epiphanie à Pâques. Une charte de Simon, donnée à Albi le 3 avril 1212, est publiée dans leGaft. Chrût., I, Instr. p. 10 (Molinier, Catalogue, n< 50).