‹ La chanson de ma vieChapitre 2 sur 80 · PROLOGUE XI · texte numérisé non relu

PROLOGUE XI

a fallu sauter, les montagnes qu'il a fallu franchir, les mauvais frères rencontrés sur les routes, les mains rentrées quand on criait à l’aide, les détrousseurs, les voleurs de vos forces, les abuseurs de vos vertus, de vos faiblesses, les tragédies de votre cœur. celles de votre corps. les crachats sur votre âme... les sifflets sur vos labeurs, les ciseaux sur vos ailes. avec, par-ci par-là, du baume sur vos plaies. un mouchoir essuyant vos larmes... une main pressant la vôtre et compter sur vos doigts les anges de votre vie... Quelle merveille !

Oh ! magie des années ! Vivre âgée, n’en être point morte, vivre encore, quand la vie vous a livré son livre! contempler d’un œil froid les grimaces des monstres... leur pardonner d’un cœur qui s’est sauvé du feu, et pouvoir regarder sa vie, sa belle vie de luttes et de victoires, vénérer son beau labeur, respecter ses longs succès, et surtout garder tendre et fidèle son cœur piétiné, et remercier Dieu (après 48 ans de glorieux efforts) de rester encore maîtresse, à soixante ans, du clavier de l’orgue qui reste : La Vie!

perchés au sixième étage de la maison, mon père et ma mère aéraient leur petit logis par des fenêtres, dites tabatières, restant du style archi- # tectural du xvrrie siècle. é ‘ Par hasard, dans le courant de mes premières ÿ

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