‹ La chanson de ma vieChapitre 54 sur 80 · VOIR · texte numérisé non relu

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car on ne comprend rien quand les autres disent « c’est beau ». Nous, nous regardons l’art avec des yeux de l’âme et ceux de la vie, et c’est notre vie qui dit : oui, oui Yvette est parfaite. Pardonne ce griffonnage. J'ai trouvé parmi les trésors du travail ce manteau de Fortuny, un « Carpaccio » de Venise, tu seras si belle dans ce fond doré, comme une sainte image. Garde ce Carpaccio, toi qui sais si bien dire les paroles « de Marie ». Tu as trouvé des trésors et tu ramasses des trésors, chère, je l'ai récité à Rome un vers de Claudel qui dit à peu près ceci : « Si vous regardez mes mains, tout y est écrit. » Ainsi je sens ! Toi, ta route est tracée, ta force, ton courage, ta volonté. Tout est à sa place et {u as vaincu, et tu vaincras encore et TOUJOURS, ton courage est aussi grand que ton cœur.

« Ily a une année quand je l'ai vue à Rome, J'avais

L'AUAES SN AT ES ag in pus CES RAR: 165? ÉLGS M: dur

éñcoré une lointainé Soüvènancé d’une créälüré de travail, qui jadis avait quelque chüsé, quelque chose de toi. joie de vivre, patience de vivre, ellé avait aussi un péu comme toi la facilité d’être heureuse et malheureuse et tant tant tant tant de pitié dañs le cœur (alors) de compassion pour la douleur dés äutres. IHiér Soir, cètle nuit, te revoyant dans mon äme, et devant mes yeux Yvetlé, je n'ät plus retrouvé « celle de jadis », je ne me suis plus relrouvée. Je Suis rentrée hièr au Soir, él Ce matin je sens pourtant quelque chosé d'ajouté à moi (est-ce l'espérance ?) Mais celle que jè jus jadis jé ne la retrouve pas. Comment recommencer ? Quoi faire ?

€ Lè respect pour ta bie, l'heure qui passe, ta pérféclion qui démande là liberté absolüé, tout est là: La Saintèté du travail demande la saintèté de l'âme et du cœur. Jé n’àt rien à l’offrir ! Oui, cominént ? Quañd ? Quoi faire : ? Tout sé perd dans uñe insdississablé petite angoisse du Cœur qui he sait pas, qui he trouve bas, et j'ai peur dé la joulè et de la rampe allumée ! Si je ferme lès ÿjéux, si j'apaise mon Cœur, je comprends alors si bién ton effort, el chaque fil qui consolidé celle énorme force qui te guide ét l'inspiré, moi, jé n'ai pas « une œuvre » que j'aime assez pour pénser autrement, et peut-être que « Se taire » èst éncore une noblesse... Je he sais pas Yvette ! Enfin! Tout n’est rien, sañs là force ? « Je Le verrai demain à trois heures.

Le letidemain à trois heures, j'étais Chez elle, je la trouvais très fatiguée, il y avait dé la joie en elle, toutéfois, éllé ävait changé d'idée et au liéu de se joindre à moi avec üne pièce de théâtre qui, décidément, disait-elle, éxigeait trop de force, elle me proposa de composer un programme dé « récitations », et elle parla dé grands poèmes italiens à réciter, dé simples scènes de comédies qu’ellé lirait où interpréterait assise, en conférencière, ét éllée mé demanda de l'aider à trouver dés œuvrés qui cadréraient avec les époques différentes dé mes chansons, énfin elle né laissait l’arrangement de programmes permettant de légers efforts.

De mars à fin mai 1913, elle reçut de moi des paquets de livres adressés à Rome. En avril, je reçus une dépêche mé disant qu’étaht souffrante à nouveau elle était rentrée chez elle, à Florence, 54, via Robbia, et que mes envois la suivraient là.

Une secondé dépêche de Florénce, quelqués jours après, disait :

« Suis mieux, espérancé encore lointaine, mais espérance. »

En mai, elle retomba térriblement malade et déprimée; je réçus d'elle la dépêche suivañté, qui me bouleversa :

« Yoelle, merci pour ta lettre. Depuis deux semaines, suis de nouveau alitée, causé gros refrot: dissement. Suis retombée même dépression physique, morale que cet hiver. Jeudi aurai consultation pour décider où aller pendant été. Je garde tes livres

espérant le voir en élé quelque part. Tendre fidèle amitié, Pas d’oubli. — ÉLÉONORA. »

Et la voilà, la pauvre chère, mortellement atteinte, et retournant à Viareggio rechercher la santé... Je ne cesse de correspondre avec elle, et fais semblant de ne point prendre au sérieux sa rechute, et je continue à lui parler travail, collaboration, programmes à fixer vite, études à faire. Cependant, le 7 août, elle m’écrivait à Bad-Gastein, où je m'étais rendue pour soigner mes rhumatismes, une lettre qui montrait son découragement douloureux de ne jamais «revivre ».

« Viareggio, 7 août 1913.

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