‹ La chanson de ma vieChapitre 57 sur 80 · ÉTAPE MER PA DIE NT EE OT CEA · texte numérisé non relu

ÉTAPE MER PA DIE NT EE OT CEA

mon art, mais mon travail. Et il fut convenu que dès l’octobre de 1914, on s’en irait au loin «travailler » ensemble ! Pendant ma nouvelle tournée italienne, cette fois encore, elle voyagea pour venir m'entendre à Milan; à Rome, on lui avait mis un paravent près de l’estrade de la salle de concert, et cachée, n'étant pas « habillée », elle assista tendrement enthousiaste à mon concert ! Ah! que je la sentais heureuse ! Dans mes forces, elle revoyait, cette fois. les siennes, et voilà qu’arriva en août la guerre ! Dès septembre, je reçus d’elle une lettre me disant que sa petite maïson, en Italie, était la nôtre et que nous y venions quand nous voudrions. Mais mon mari et moi restâmes à Paris jusqu’en 1915. En 1915, en novembre, nous partîmes pour l'Amérique.

Où était, que devenait ma Duse? Les corres- pondances, pendant la guerre, étaient interrompues, et d'Amérique en Italie il fallait alors des mois d'intervalle pour avoir des nouvelles. J’attendis la fin de la guerre pour reprendre contact avec ma chère amie. Je sus qu’elle avait dépensé tout son petit avoir et qu’il lui fallait coûte que coûte retra- Vailler ! Mais sa santé ?.. Le pourrait-elle, travailler ?... Alors, je lui écrivis : « Pourquoi ne vienstu pas en Amérique ? Si tu peux payer ton voyage, moi, je te paierai ton hôtel, ta vie ici, je suis à la tête d’une école des Arts du théâtre, tu trouveras toujours moyen de t’occuper avec moi, viens ! »

Elle télégraphia :

« Merci généreuse lettre, peut-être viendrai au

printemps. »

PE PES MENT. mt, RD USER Te A GE

C'était en janvier 1920. Le 23 février, elle écrivait de Tivoli où elle se reposait :

« Le « viens » de ta première lettre reste dans mes heures de découragement ou de recueillement comme quelque chose de lumineux devant les yeux de mon âme. »

En mars, elle télégraphie :

« Nécessaire savoir si tu viens Europe cet été. »

Sur ma réponse négative et mon invitation à venir à New-York en avril, elle répond :

« Formalités impossibles pour venir avril. »

Et enfin « le change » devint si haut qu'il lui fut impossible de partir pour l'Amérique. Alors, tout à coup, elle eut un espoir. Deux Américains de ses amis parlent de l’emmener avec eux à New-York, à leur départ d'Italie. Elle m'’écrit pleine d’espoir. Maïs les Américains, rappelés par câble aux États-Unis, n’ont plus le temps d’aller chercher la Duse et filent sans elle. Nouvelle lettre explicative. Alors, je lui propose, en février 1922, que mon mari s'occupe d'elle, et lui cherche un manager américain pour la saison prochaine afin de la faire revenir «en actrice » au pays des dollars. « Mais, lui dis-je dans ma lettre, ta chance « matérielle » serait triplée si tu pouvais recommencer d’abord en Italie, et grâce à la presse que tu auras, tripler l’assurance de ton salaire. » Elle me fit attendre sa réponse puis, tout à coup, sauta sur cette idée, trois jours avant que nous quittions les États-Unis pour rentrer à Paris!

>; EE | MÉMOIRES La Duse me télégraphia :

« Réponds si Schiller veut organiser ou trouver impresario pour donner New-York 20 ou 25 soirées, deux pièces, avril-mai. Télégraphie conditions tenant compte frais voyage, aller, retour charge Amérique. Réponds hôtel Italie, Florence. Amitié.

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