‹ La chanson de ma vieChapitre 75 sur 80 · MATE · texte numérisé non relu

MATE

En Europe, j'ai porté et fait acclamer à peu près

- partout la poésie populaire de France, L'Allemagne

étant la plus cultivée, fut par conséquent la plus admirablement sensible à mon effort. Pendant vingt-deux saisons avant la guerre, j'y ai fait connaître l’esprit de France, et celui du Montmartre de mes débuts. Je fus l’inspiratrice des « Cabarets » allemands, qui se créèrent par centaines après mon premier passage en 1918. IL y a deux ans, je fus la première artiste française qui y revint porter l'olivier de paix. Ma venue, ou plutôt mon retour, fut émouvant et triomphal ; à Berlin et dans une douzaine de grandes villes, dont Munich, j'ai fait entendre tout mon programme de l'époque médiévale à nos jours, et les foules, envahissant les salles où je chantais acclamant l'esprit de France, me confirmérent, comme les critiques de toute la presse, que partout est une élite humaine, celle de l'intelligence cultivée, qui toujours suivra les hautains efforts. Le tout est de s’adresser à cette élite-là. À Paris elle est plus nombreuse qu’on ne croit.

Avec l'Allemagne, j'ai parcouru la Belgique, la

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