DE L^ÉPOPÉE INDIENNE. IX
de Rama. {Suit le récit de ces prodiges.) Rama, verse dans la science des présages, fut transporté d*une joie suprême à la vue de ces heureux augures ; et^ Fesprit en repos^ il déploya dans la bataille une irrésistible vigueur (1).
Enfin, conseillé par le cocher Matali, Rama décoche à Ravana le trait d'Indra et le tue.
Au moment où fut tué ce Raksasa^ Tennemi du mondej, le tambour des dieux résonna bruyamment au milieu des airs. Un immense cri s^éleva du sein même du ciel : «Victoire ! » et le vent, chargé de parfums célestes^ souffla de sa plus ravissante haleine. Une pluie de fleurs tomba du firmament sur la terre et le char de Rama fut tout inondé de fleurs diverses aux suaves odeurs : les mélodieuses voix des immortels joyeux criaient au milieu des airs : m Bien^ bien (2) ! »
Sita est délivrée; mais, considérée comme impure, elle subit victorieusement l'épreuve du feu avec l'intervention des dieux.
Ainsi s'est accomplie la rédemption du monde. Le dieu incarné, qui en est l'instrument, a souffert pour s'être uni à la femme fatale. A la vérité, dans la version qui nous est parvenue, il ne meurt pas; mais cette circonstaijce obligée de l'aventure du rédempteur arian, est représentée par l'épisode cité de Garouda, qui est probablement le reflet de quelque tradition plus ancienne sur la captivité de Rangta» sa descente aux enfers ou sa mort (3).
(1) Tome IX, pages 245-261. >
(2) Tome IX, pages 270 et suivantes.
(3) Eichoff, Poésie héroïque des Indiens. Paris, Durand, 1860. — Voir aussi ; Quelques observations sur le mystère du serpent, chez les indous, par Théodore Payie. {Journal asiatique^ mai-juin 1S5JS.)
/ INTRODUCTION