DÉS EPOPEES IRANIENNE^ GRECQUE ET GERMANIQUE
Les traditions de la Perse reposent sur l'antagonisme d'Ormnz et d'Ahriman, considérés le prelûier cotnme auteur, le second comme ennemi de la luniière. La lumière est envisagée elle-même comme le bien en so^, et les ténèbres comme le mal absolu. lie pays des enfants de la lumière est k terre d'Ormuz , VIran ; au-^delà , derrière lei montagnes , est un aùtt*e pays , une contrée dé ténèbreis et de inalice, la terre d'Ahririian, le Touràn. Là, dans les déserts, dans les steppes errent les barbares^ (H^dinairement nomades, ennemis éternels de l'Iran. L'idée fondamentale de cette my-« thologie est im' dualisme de la lumière et des té« nébres; o^est une lutte entre lés deul prinéipes, ^ui doit se tennitiér par là défaite du génie dés ténèbres , devenu td par envie, mais cpii â été bon aussi dans l'origine (1).
Les traditions poétiques dé k Perse ont été réunies, vers l'an 1000 de notre ère, -dans le grand 6u\^*age intitulé Schàhnûmeh Ou le livré des rois, ddnt M. Mohl publie]une traduction. Ce poème ne renfermé pas une action unique. C'est l'histoire des Iraniens depuis leur arrivée en Perse jusqu'à la conquête de ce pays par les Arabes, Mais on ré-
(l) HistoirB dèit religions de tttniîi{uiié, par Creuzer. ËditiDn dé M. Ouigûàul> tome t, piiges 314 à 322.
PERSE, ORÈGB ET QEHMANIE. XI
trouve l'idée de l'épopée ariane dans l'opposition constante de l'Iran au Touran et dans les détails de la vie d^ héros. Le plus important de tous, Rus^ t^n, s'unit à une femme inférieure , qu'il a prias dans le Tôuran, le pays des ténèbres. Il en est puni en tuant lui-même^ sans le savoir, le fils qu'il à eu dé œtte femme. Il est toijyours en lutte contre les fiivs, qui sôlit les mauvais génies. Il meurt par trahison comme SigMed et Roland.
Le souvenir de la lutte des Titans et des dieux domine toute la mythologie grecque, comme noito rav(ms signalé dans celles de l'Inde et de la Pèree. )je héros lumineux, lé dieu de la lumière, con^t le ser^tit ou dragon de la terre et des ténèbreSi Si eâ est Vainqueur, mais, d'après une traditidû presque générale, il meurt de ses blessures et des*cend aux enferii pour renaître plus glorieux< I^œbus- Apollon est le type des premiers héroi dé la Grèce. On a souvent comparé Rama à THerGulé grec» Hercule meurt victime de la femme in£é*rieûjre & laquelle il s'est uni. lason nuirche à Ul conquête du trésor maudit, de la toison d'oir$ Médée, la franme &tBle, le fait périr. Persée des^ ù&aà de Jufdter ; ises armes sont surnaturelles : il a poilr monture le cheval Pégase, presque ttn demi^eu; il conquiert aussi le trésor gardé par un serpent; il délitre là. vierge captive et finit de mort tragique. Achille est le petit-fils de Jupitet. Le destin l'entraîne dans les combats. Il s'allie à Ménélas pour reconquérir la femme fatale, comme Rama s'est fait l'auxiliaire du roi des singes. Ses
XII INTRODUCTION
armes sont merveilleuses, ses chevaux aussi. Il n'est vulnérable qu'au talon , comme Isfendiar ftux yeux, dans le Schahnameh. Il meurt à l'œuvre et sa mémoire est divinisée dans les régions hyperboréennes, où s'est établi le culte de Jason et de t^ersée (1).
^ La donnée de V Iliade est bien inférieure à celles qui précèdent, surtout à celle d'Apollon : elle est singulièrement humanisée. La tradition est descendue des hauteurs du mythe pour se renfermer dans le cercle plus étroit et moins élevé d'une ancienne chronique nationale. Elle a, cependant, tant d'analogie avec Tépopée des bords du Gange, que lorsque les Grecs disaient qu'on avait traduit Homère dans llnde, on est tenté de croire qu'ils avaient lu l'œuvre de Valmiki (2).
Mentionnons encore ici que Circé et Calypso rappellent la femme fatale dans V Odyssée.
\ Dans le monde Scandinave, le dieu Balder est le plus ancien représentant de l'idée d'un héros surhumain, champion de la lumière contre les ténèbres et qui doit mourir victime en triomphant des puissances infernales, pour renaître un jour. Mais comme ce mythe n'a pas laissé de trace directe dans l'épopée, nous nous attacherons spécialement au Sigurd Scandinave, qui, en se transformant, est devenu le Sigfried de l'épopée germanique .des Niebelungen.
(1) Ozaham^ Études germaniques y tome !•'.
(2) Ampère^ Revue des Deux-Mondes y tome LI, page 1010.