LES TROIS QBSTES. LXIII
là pftmi«rs des «ikfani^ de ce m doutes mie, Que- Pépin ot de BeK6,>la blonde^ TeiM^evie, OrenHls une fille sage et bien enseignie :
Femme Milon d'Ayglent^ moult ot grant seignorie. Et fu mère Rollant, qui fut sans couardiej Ainz fu preus et bardig, plaiBs de chevalerie. Âpres ot Gharlemaine à la chière hardie (1).
Ainsi la plupart des œuvres de la geste se grtmpeut autour d'un même personnage à peine histot? nqae. La Chanson de Roland n'y ^ P^ simplement sa place comme les autres : Roland est la cause de se^ propres ascendants. Mais ce n'est pas seulement la geste du roi qae domine la préoccupation du dé<sastre de Roncevaux. Il est annoncé, même avec des détails précis, dans Girard de Viane, qui semble n'en être que le prélude (2). C'est en revenant de Roncevaux que Charlemagne donne Narbonne à conquérir à ses chevaliers et c'est le sujet de la (Chanson à^Aymeri de Narbonne (3). Le même Aymeri
Le destrier heurte des espérons d'argent Que il conquist soz Sarragouce el champ Quand Karlemaine alla venger Hollant (4).
Dans la Chanson des Saxons, il est dit que c'est la nouvelle de la 'défaite de Roncevaux qui a fait prendre les armes aux Saxons. Le même souvenir se Mtrouvê dans Gaydon, dans ZFtron de Bordeaux
(1) Berte aux grands pies, édition de P. P&ris^ page 180.
(2) Vers 3010 et 4050 de l'édition de Bekker. — Introduction de M. Tarbé, page xxv.
(3) Jonckbloet, Guillaume cTOrange, tome II, page 13. — La Chanson de Roland, page 186 de ce volume.
(4) Guillaume d'Orange, tome l^^, page 16.
LXIV INTRODUCTION
et dans presque toutes les chansons de geste (1). D'ailleurs c'est un crime d'oublier le grand désastre :
Ha ! barnage de France^ comme avez oublié ' Le graut duel de Rdlant guerpi et trespassé (2).
L'aventure même de la Chanson de Roland est reproduite avec les mêmes détails dans le poëme intitulé : li Covenans Vivien (3).
Le retentissement de l'aventure de Roncevaux a été immense en dehors de la France. Mentionnons seulement que Dante n'a pas omis de nommer Roland et Gane (4). En entrant dans le cercle des traîtres, il entend un cor retentissant :
Dopo la dolorosa rotta^ quando Carlo Magno perde la santa gesta, Non sonô si terribilmente Orlando.
et il rencontre Ganelon parmi les traîtres :
Gianni del Soldanier credo che sia Piu la con Gannellone e Tribaldello^ Ch*apri Faenza quando si dormia.
(i) 'La Chanson des Saxons, page 12. — Huon de Bordeaux, page 171.
(2) Aye d'Avignon, édition de Guessard et Meyer, page 11.
(3) Parmi les passages oïl cette ressemblance de détail est le plus frappante, j'indiquerai les vers suivants de l'édition de Jonckbloet : 288, 292, 598, 673, 755, 1418, 1427, 1472, 1481, 1490, 1495,
(4) Gbants xxxi et Taxa.