‹ LA CHANSON DE ROLAND (volume 2)Chapitre 19 sur 61 · LES TROIS GESTES. LXI · texte numérisé non relu

LES TROIS GESTES. LXI

Gane n'est même pas nommé, et qui al)Outit à Godefiroy de Bouillon (1) :

Godefrei en sailli^ qui puis fu roy puissans

Là en Jérusalem^ outre les mescréans.

Cheste geste ama Dieu; sainte fn et vaillans.

Encore i a des hers, garant es li apparans

Que meillor gent n'en a, tant com Dex est puissans.

Le chantre des Quatre fils Aymon ne trouve aussi que des expressions d'éloge pour la false geste à laquelle appartient le héros de sa chanson :

Je vous chanteray une bonne chansons :

Oncque meillor n*oystes^ bien dire le puest bons. Car c'est des vaillans hoirs du pieux contes Doons, Gl qu'on dist de Mayence, que tant fu vaillans hons.

Le trouvère de Girard de Viane^ qui célèbre un héros appartenant à une autre geste, est plus désintéressé ; il va faire la part du bien et du mal :

Et l'autre [geste] après^ bien est drois que je die. C'est de Doon à la barbe florie Ql de Maiance, qui tant ot baronie.

En son lignaige ot gens fière et hardie :

De tote France eussent seignorie Se il ne fuissent plain de tel félonie.

De cel, où tant ot de boldie, Fu Guenelons^ qui^ par sa tricherie, En grant dolor mist France la garnie Dont furent mort entre gent paiennie Lj XII Per de France.

Il compare ensuite les membres félons de cette geste aux anges déchus.

(1) Page 241.

LXII INTRODUCTION

lA Chanstm de Roland appartient à la troisi^e geste, appelée de Pé!pm, de Ghàrlemagnè oupeùf commuDémenf da roz* Se mèoae que la matière de France, comme noua rayon» tu phia hAott ^ supérieure aux deux autres, la qe$te du roi ôit la: piCH mière des trois : " .

La tierclie geste après^ celle qui miêx valait, Chele fu de Pépin {i)...,

: . A 9fi\u\ Penise^ en la maistre abale^ Dedans. I livre de grant ancesserie^ TraSve on esprit^ de ce ne dont je mie, N'ot que III gestes en France la garnie.

Dou Roi de France est la plus seignorie Ei de richesce et de chevallerie (2).

La geste du roi doit sa supériorité à Charlemagne et surtout à son neveu Roland. Aussi les trouvères se SQut-ils appliqués, comme pour Guillaume w Coiurt Nez et pour Doon de Mayence, à chanter leurs ancêtres et même à leur en imaginer, soit en créant de nouvelles fictions, soit en y rattachant des fables déjà connues :

Cîou est du roi Floire l'enfant Et de Blancheflor la vaillant 4 De qui Berte as ^^ans pies fu née.

Puis fu en France coronnée.

Berte fu mère Gharlemaine (3).

Mais avant de donner le jour à Charlemagne, Berte atait eu de Pépin la mère de Eoland ;

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(1) Doon de Mayence, page 242.

(2) Girard de Viane.

(3) Floire et Blancheflor, édition de M. Duméril.

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