DB LA PIÉTÉ. LXXV
Çlasltz YOt oulpes^ si preiés DeU pwMit Asoldrai tos pur voi anmes STuarir; Ëe TOS murez^ esterez seinz martirs^ Sièges avrez el greignor paréis. »
Franceis descendent^ à tere se sunt mis^ E Tarcevesque de Deu les benêist^ Par pénitence lur cumandet à férir (!}.
Dans la Chanson (TAntioche (2), Vévèqae du Puy parle ainsi aux croisés :
El non nostre Seigneur soient li escu pris.
Sor moi prens les pechiés^ les grans et les petis;
Par nom de pénitence ferés sor Ârabis.
Gl qui morra des nos^ bien soit ohascuns fls^
Avoec les innocenâ sera parés ses lis.
Aussi ne doit-on pas s'affliger de la mort d'un chevalier ni avoir d'inquiétude sur le sort de son ftme:
Dist li vesque del Puy : « Por quoi vous démentes? Laissiés ester eest dol et joie démenés^ Et priés Dame Dieu> le roi de nujestés^ Por nous^ qui somes vif, que il en ait pités; Quer se Grouses est mors^ l'arme iert à salvetês.
Mais c'est au moment de la mort que la piété du chevalier se montre de la manière la plus touchante. La mort de Roland est l'une des plus belles. 11 y manque, cependant, un détail d'un effet poétique incomparaBle et qui se trouve, par exemple, dans le cycle des Lorrains quand le héros s'administre à lui-même la communion avec
(1) Édition de Théodore MûUer^ page 71. — Voir pi^ 8d de ce volume.
(2) n, 17 et m, 27.
LXrVI INTRODUCTION.
des brins d'herbe. C'est un des actes de loi les pins dramatiqaes. Voici les derniers moments de Bégon (1) :
« Glorious peres^ qai tos tans f as et ies Aiez de m*ame et mercis et pitié.
Ha! Biantrix^ gentls frand^ moiilier^ Ne me verreB a nul jcnr d^oz ciel.
Garins^ biaus frères, qoi Lobéndne tiens.
Jamais tes cors n'iert servis par le mien. Mi doi afanty li fil de ma moillier.
Se je véqnisse, vous fuissiez chevalier.
Or, vos soit pères, li glorioos del ciel ! »
Trois foilles d*erbe a prins entre ses pies.
Si les conjure de la vertu del ciel, Por corpus Deu les reçut volontiers.
L*ame 8*en va del gentil chevalier. »
Or, en ait Diez et manaide et pitié.
11 arrive aussi qu'au lieu de dire ses fautes à Dieu,' le mourant se confesse à l'un de ses compagnons. Dans la Bataille d'Aleschamps, Guillaume au Court Nez assiste son neveu Vivien à ses derniers moments :
A 8*àumonière mist Gnillaumes sa main.
Si en tret hors de cel beneoit pain Qui fu seigniez sor l'autel Sain-Germain.
a Niés, dist 11 cuens, or te ferai certain, . De tes péchiez verai confès remain.
Je sui tes oncles, n'i as gp plus prochain Fors Dt^nledeu le verai soverain; En leu de lui serai ton chapelain ; '
A ce bautesme voil estre ton parrain :
(i) Garin le Lohérain, tome II, page 239 ; dans la traduction de P. Paris, page 244. — Voir dans le même ouvrage la mort de Huon de Gambray, page 318.