CHARLEMAGNE RETOURNE SUR SES PAS AVEC LÀ GRANDE ARMEE
Le preux Roland a la bouche sanglante, De son cerveau les tempes sont rompues, n corne encore avec peine et douleur.
Charles Tentend et les Français l'entendent.
Le roi leur dit : a Ce cor a longue haleine. y> Nayme répond : a Roland est en détresse, ce Bataille y a ! Celui-ci qui voulait « Vous le cacher, il l'a trahi, c'est sûr !
a Adoubez-vous ! criez votre devise !
« Et secourez votre noble famille % a Bien l'entendez, Roland se désespère (1). n
(1) Il y a une scène analogue dans la Mort de Garin le Lôhé* rain.
Tel paor ot rorguillex Fromendins Qu'il ne tornast pour tout Tor que Dicx Qst.
Le destrier broche, si s'en est départis Et prist Glarel, si le sona trois cris.
Quant Font ol et parent et ami^ Dist l'un à l'autre : Avez le vus oï?
(Page 228 de l'édition de M. Duméril.}
Notre empereur a fait sonner ses cors.
Français ont mis pied à terre ; ils s'adoubent De bons hauberts^ de casques et d'épées, De beaux écus et d'épieux grands et forts.
Les gonfalons sont blancs, vermeils et bleus. Tous les barons montent leurs destriers, Éperonnant tant que les gorges durent.
Tous l'un à l'autre ils se disaient en route : « Si nous voyions Roland avant qu'il meure, K Ciommie, avec lui, donnerions de grands coups ! )» Mais c'est en vain : ils avaient trop tardé !
L'ombre de nuit s'éclaircit ; le jour vient.
Sous le soleil reluisent les armures ; Casques, hauberts jettent grande lueur, Et les écus qui sont bien peints en fleurs, Et les épieux et les drapeaux dorés.
Notre empereur chevauche avec colère.
Et les Français anxieux et dolents.
n n'en est pas qui durement ne pleure.
Et pour Roland n'ait une grande peur.
L'empereur fidt prendre le comte Gane ; Il le confie aux gens de sa cuisine.
Puis interpelle ainsi Bégon, leur chef :
(( Bien me le garde ainsi, comme un félon.
(c Qui m'a trahi ma noble parenté. »
Bégon le prend, lui donne pour gardiens Cent cuisinieita, des meilleurà éi deii ^ii*èsi; Ils épilëiéht 1^ Wrbe et seis niôtistaèheij; Chacim du Ipoiiyg le frâ^^t^iàit ^^atité tà^pé. Ils l'ont battu dé bàtoûd et dé vé^géts.
Puis ik d)it iMs Uh ooUiei' à i^h éott, Et comme ûA o\m il l'y ont èhèhàlné.
Par déshonâèttt font inis strf ûii sôftiïiiîôi?. Ils le ti^âârobt taht îjU'iiChk^ië iti 16 i^etidêtit.
Les mony iôfiit Ym\à et tSiiébl^UJi: ëf ^tSâHSi; M. Les vaux profonds, rapides les torrents :
Clairons sonnaient et derrière et devant.
Ils répondaient touis au èb)^ ^<i AôUiid (l). Le roi chevauche avéé êm^o!H;èmébt, • Et les Français ànxiéut et dôlèiîts.' '
Tous de letm feux plèUTBiênt àmètéinèât; Et priaient Dieu de ^al'éi.Uti}' RôMd Jusqu'ils vientiîroftt éttftemibte sûi* lé fehàiii^ (2):
(1) Le texte ^,:. fachflfentf cjuiune. ^i l^ s^^^llfdt,^ M t|B Roland aux clailroDs des Français ainsi qu'entre des rajjuettes. C'est du moins l'expliôatiôDi d\e P. Miin. Se teoi B^eriiîtàiè au^i Hvkh sens de racheter, comme dans les Qtiaire Fils Aymon^ au vers 40 :
Pour tout humain lignaige hors d'enfer racheter..
Voir aussi le glossaire de Burguy au mot Acater.
(2) M. P. Génin fait observer avec raison que l'expressiçm jusque est conteètfe tandis <|ue fusqu^à àè que est barbare.
tA CHANSON DE ROLAND. 95
Comme, èvèo hd> frap]^éraient-ilB gaimentt
Mais à quoi boh? G'eiftt inutilement^
Trop ont \ÈJt6è ! m t>etivtent être à temps ! aoi.
Le roi c&ex^uchct avec jurande eolèite> Sur ^ cto^^ûHse i^t sa blâmée bâi^i Tous les barons de Financé ép^onnaient.
Il n'en eét ]^ C[ài ne montra <tolère De ne pas èti% àvbc le prensc Bx)lànd Qui se ïSbknbat Iblù^ Sarrasins d'Ëiq^aghe.
S'fl ieit VtEm, ftti ne s^tehappera.
Dieu I les soixante en sa troupe restés, Jamais meilleurs n'eut roi ni capitaine ! aoi.