CHARLBMAGNE PARVIENT A RONCEVAUX ET COMMENT IL POURSUIT LES SARRAZINS
Roland est mort : Dieu a sou èijfie an oiel I Notre empereur parvieut à Roncevaujt, Il n'y a là ni ohemia ni sentier, Pj9 terro vide une aune, un seul pied même, Où n*y ait pas Finançais ou Sarrazin, Charles s'éorie : m Où, Roland, ètes-vouK?
« Où rapchevàc[ue et le comte Olivier?
« Où sont Gérin et son ami Gérer?
(( Le duc QlQion, le comt« Bérwgejr?
« Ives, Ivoire, çipc que j'ai tant aimés?
« Qu'est devenu le Gascon Angelier?
« Sançjbie le duc et le brave Anséis?
<c Où .sont Gérard de Rossillon, le vieujt^, « Les douze paijns quie j'y avais laissés? »
Mais à quoi bon quand nul d'eux ne répond?
« Dieu, je puis bien me désoler, dit Charles» « Que je ne fusse au combat dès l'abord, )»
Le roi tirait sa barbe par colère ; Pleurent des yeux ses braves chevaliers.
ns sont vingt miUe à terre qui se pâment :
Nayme le duc en a grande pitié.
n n'y a pas chevaliers ou barons
Qui de pitié ne pleurent tendrement,
Pleurent leurs fils, leurs frères, leurs neveux,
Et leurs amis, et leurs liges seigneurs ;
Et la plupart se pâment contre terre. s
Nayme le duc a fait en homme sage,
Sans plus tarder il dit à l'empereur :
« Sire, voyez devant nous à deux lieues,
« Vous pouvez voir les grands chemins poudreux,
« Tant il y a de la gent sarrazine !
« Chevauchez donc, vengez cette douleur! »
— a Dieu, dit Charle, ils sont déjà si loin!
a Vous conseillez et le^ droit et l'honneur :
« De France douce ils m'ont ravi la fleur ! »
Le roi commande Othon et Gibouin (1), .
Thibaut de Reims et le comte Milon :
« Gardez le champ, les vaux et les montagnes,
a Laissez leis morts gésir tout comme ils sont.
« Qu'aucune bète ou lion n'en approche,
<c Que n'en approche écuyer ni valet ;
« Je ne veux pas qu'aucun homme en approche,
« Jusque Dieu veuille ici que revenions. »
(1) Dans la strophe précédente, Charlemagne regrette comme mort Othon, qui reparaît ici. Il y a là une erreur de copiste.
LA CHANSON DE ROLAND. i^
Et par amour doucement ils répondent :
« Droit empereur, cher sire, ainsi fero^s• »
Mille Français ils retiennent des leurs. AOi.
Notre empereur fait sonner ses clairons.
Il part, le brave, avec sa grande armée.
Aux Sarrazins, qui le dos ont tourné, Tous de bon cœur ils tiennent la poursuite.
Quand le roi voit que le soir va tomber, Sur rherbe verte il descend dans un pré.
Et, prosterné, demande au seigneur Dieu Que le soleil il lui fasse arrêter.
Tarder la nuit et le jour demeurer.
L'ange apparaît, qui lui parla souvent ; Rapidement il lui commande ainsi :
te Charles, poursuis : la clarté ne te manque. <( La fleur de France as perdu. Dieu le sait : a Peux te venger de la gent criminelle. »
Charles l'entend et remonte à cheval, aoi.
Pour l'empereur Dieu fit un grand miracle.
Car le soleil immobile est resté.
Payens fuyaient ; les Franks les chassent bien. Dans un vallon ténébreux ils les joignent.
Vers Saragosse ils vont les poursuivant, A coups pléniers ils s'en vont les tuant,
Coupent leur route et les autres chemilis.
Les payens ont devant eux Veau de TÈbre.
Profonde elle est, merveilleuse et rapide ;
Pas de bateaux, de bacs ni de chalands.
Les Sarrazins réclament Tervagant,
Sautent dans l'eau , tnais ils n'y ont salut.
Les adoubés, qui sont les plus pesants,
Pour la plupart coulèrent vers le fond.
Les autres vont à contre-val flottant.
Mais les moins lourds d'entre eux ont tant bu d'eaà
Qu'ils se noient tous avec grande douleur.
Les Franks criaient : « C'est pour venger Roland ! »
AOI.
COMMENT* LES FRANÇAIS PASSENT LE REStË