SUR LA COMMUNAUTÉ DES SENTIMENTS. XXI
il dit que cette page est animée du plus pur esprit chevaleresque?
Le héros Arjoima, dans le Maha-Barata^ a renversé un Gandharva^ espèce de centaure, contre lequel il comb9.ttait. La femme du vaincu s'avance vers Youddishthira,' le frère du vainqueur :
« Sauve-moi^ dit-elle^ et rendâ à mon époux sa liberté, n Youddishthira. 4it. à Arjouna : « Qui pourrait tuer un ennemi vaincu dans le combat^ dépouillé de sa renommée, sans force, nlayanjt ,plua qu'une femme pour défenseur ? Ami^ rends-lui sa liberté. »
Arjouna de parler ainsi : « Reçois la vie; va-t-en ; cesse de t*affligef>^ Gandharva. Youddishthira te fait grâce (4). w
Voici quelques fragments du Ramayana, inspirés
évidemment par le même esprit :
Cest ^étern^1 devoir des hommes nés dans la famille des rois : étouffe ici rinjustice et remplis ton devoir, qui est la protection des p [;éatures.
Jadis 9 \1 fu;t,^ijij]{nonarque puissant appelé Rouça^ issu de Brama.^t,pèr^,4^,qi%atre fils renommés par leur force. Kouça dit ^n Jpi^r : « Mes fils^ il faut vous consacrer à la défense des créiit^^s (2). p
La fémniedé Rdnla Rappelle que son époux aime jusqu'à ^es feàriëinis, et' elle le nomme « le devoir mcarné. » Mais c'est Sita elle-même qui présente ce dernier, çar£^ctère de la manière la plus touchante. Ainsi, quand elle est prisonnière, Hanoumat lui propose de l'enlever, sur son dos, de l'Ue de Lanka. Elle répond, comme Virginie :
(1) Tome II, pages 90 et 159 de la traduction de M. Fauche.
(2) Tome I»', pages )80 et 208.
XXII INTRODUCTION
Il ne sied pas que l'épouse de ce Hune, aux ^eus de qui le devoir sii^ge arant tout, monte sur le dos d'un être qii'ag appelle d'un nopi affecté au sexe mâle. Non, il ne convient pasque moi, vouée aU:Cql[e de mon époui, je touche les membres de n'importe quel mile ,4Ufre que Hama. Si, une fois, sang protecteur, prisonnière et n'étant pas rosltresie de moi-ipéme, il est arrivé que j'aie touctié malgré moi le corps de Ravana,esl-^iiain01ir'poUt que je fasse librement la même cbose ài présenta l-;.. '
Le caractère le plus persistant et }e plus général des épopées arianes, c est le respect ^e. la femme et son iinportancp daqs.la société.,, Qu't"? paSse eu revue les héroïnes épicjqe^ depuis ^'épouse de Rama jusqu'à la fiancféi? de lloland, op y, recopnalt sous différents aspects le vérital)le idéaï de 1^ femme avec tous ses attrails : la, piété, la beauté, l'intelligence, la passion, la tendresse, la pudeur, l'héroïsme, le sentiment du devoir, enfin avec tout ce qui peut inspirer Iç reCT)ççt çt^rtunoilr!
SUR LBS. TBAI>ITIpNS^.0ÇBM;VNIÇKIi;8.
Attachons-nous partitulièrèmeht aux Germains. Tacite rapporte qu'ils avà'îept des chanta' trÉtditionnels sur des matières héroïques. Jornandès dit aussi que les Germains célébraient les faits de leurs ancêtres par des chants qu'ils accompagnaient du son des instruments.
Chacun des peuples germaniques adaptait la grande tradition épique i& la r^ce 9Xix faits et aux
SUR LES TRADITIONS GERMANIQUES. XXIIl
pdipsennages d# sa propre histoire. Mais il &at se garder de croire que ces divers chants nationaux scHent restés l'apanage exclusif de chaque groupe de population ; il s'était formé, au contraire, \in trésor de poésie commuil à ious les peuples du nord de l'Europe. Ce fait a été mis en lumière par M. Amédée Thierry, dans xnx travail relatif aux traditions poétiques sur Attila. L'historien y rappelle ce fait cité par Paul Diacre, que, de son temps, les légendes poétiques sur Alboin circulaient non-seu-* lément chez les' Lôïnbards, mais encore chez les Bavarois ci leâ Saxons, et àins les autres pays de langue teùtoniqûé. Oil 'a i^ônserv^ aussi une lettre par laquelle théoclori6 anhonçistit' au roi des Franks, Clovis, renvoi d un joueur de harpe que celui-oi avait deniarià«.'(^k'^ô'ù!^^èeli:cbmme le fait observer avec tant d'à-propôs le liiêméhîâWien, qu'il ne faudra pas s'êtôiiiièr' de voî]^, par exemple, des souvenirs qui n'Ànt pu tialtre que sur les bords du Dniester ou du Pô , consacrés par les poètes de la Norwége, et, en revanche, des idées, des symboles exclilsît^m<5iii/^c^iidînétves, s'implanter dans les traditions historiques des autres peuples germains. C'est, ce . qui e3,t p-rifiyé notamment pour la traditio^ sfiai^din^txje de ^igurd, qui est entrée dahs le poëme allemand connu sous le nom de la Détresse des Niebelungen.
Non-seulement ce poëme renferme le souvenir des anciens mythes que les Indo-Européens ont apportés avec eux du lieu qui a été le séjour commun à toute leur race dan3 une haute antiquité.
XXIV INTRODUCTION
mais il contient les traditions héroïques des Franks, des Burgondes et des Goths (1).
Ceci étanfip pn, pst naturellement amené à se demwdey.çi.lps jF;ranJj;5 ont. pu arriver en Austrasie et dans la Gaule aypp/la,miémoire vide de ces traditipiiq^si chèjçes à itous Iqs In^OrEjW^péens, et par-
ticu^^T^i^ej3^ aifx,G,^jjiflPJ^^iiîî^ii*^A admettre que le^ ,f;^ap}l^, ^fl,.^^cl^s^fi^nt..|p JJJliin, aient effacé î9W^^?^JÎ?fiii<i>A*r.JfHr>«^^i»'QWM4e?!impres^^^^ si;ini^ijnçs,,ç| ci p}yj)fflp(îjçpj,e1i, s:iU,a^aientlesou- *^'^^^?!ÇfP»^^S^%çI^^ fjeyaipftlhijip IW.Ôtre ravivés
wwî^te-^Aft-rppw^ A'»Aii^t^^ jus-
tW'^J'fP^5WftiA^i«'W9fPPH?fep1^ Ifiç ^îpjoite de Ç]l^|fLa»(l^rj^jt^ première «ouree de
Vi^çQP^f )fiiwyaJwfSffl>i9 .A^ .^®yett Ase.?..Cet^ se-
çpp4ç^jj}jp|i|94ti9p,jn'^1^5l^,jpJlus admissible que la PWDji^Ç^n^^^'SÇff^tp ji>iUp;aç^:p.icpntr^ction
Nous avons vu que Tl),4fj^j[^^p,rpji,^p%QsjTçgoths, «WfH^^JK.Wf/r^lfiW. ^^■f}i^m^^iJffi^ ffiP^^- iFortunat Ç»^fl.ft'l??Â,Mfti.<?^^^iiW.^n«y.S }^^m et écrite "^''^Mffmf^^^ Jb^ayes, .y:pflaa^i^çcrft,du hui- H(W« M^stfi» tFVY,^,^?',MÏji9ï>.^î)^.H,Çra,pce austrasie^^pe^.fiqntffiîij;,, eijniîiôjeictjf fifPA^» ie ch^t essentielli^mwt ba^tl^EÇ, 4'BildjÇÎ?rWî4' et ,<il'^adeb^and. Ce morceau, dit fiyec.rai^fln jyi,, ^édée Thierry (2),
(1) Laveleye, dans l'introduction à une nouvelle et excellente traduction des Niebelungen,
(2) Histoire cf*i«ite, tome II, page 281.