‹ LA CHANSON DE ROLAND (volume 3)Chapitre 105 sur 173 · I INFLUENCE DE LA TRADITION · texte numérisé non relu

I INFLUENCE DE LA TRADITION

tielle de cet archange, qui était de présider aux combats : de là Gabriel avait tiré son nom, qui, en latin, signifiait fortitudo Dei, c’est-à-dire « la puissance matérielle de Dieu». Voilà pourquoi, dans le duel de Charlemagne avec Baligant, c’est Gabriel qui fait entendre à l’empereur les paroles d’où lui viendront le salut et la victoire, Et l’information que suppose la fiction du poète implique qu’il avait pratiqué non seulement certains livres de la Bible, mais aussi la glose de ces+ livres.

C’est encore au Livre de Daniel que ramène le mode d’intervention habituel de Gabriel, à savoir le moyen des songes et des visions.

Charlemagne, ayant repassé les monts dans 1a direction de l’Espagne et poursuivi les Sarrasins jusqu’à l’Ébre, où ils se sont noyés, s'étend sut le sol, tout armé. Épuisé de fatigue, chargé de deuil, il s’endort. Alors Dieu envoie Gabriel pour veiller sur lui. L'ange se tient toute la nuit à son côté et, par des songes, lui annonce une bataille imminente avec Baligant, ainsi que le jugement de Ganelon tel qu’il se déroulera à Aix-la-Chapelle. Plus tard, après le châtiment du traître et le baptême de Bramimonde, quand l’empereur, le soir, s’est endormi dans son palais, Gabriel vient encore une fois le visiter par l’ordre de Dieu

Page 1