Vers
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sance de saint Jean-Baptiste; qu’il avait transtnis à la Vierge Marie le message de l’Incarnation. « De saint Gabriel bonnes nouvelles », disait un vieux proverbe. Et Gabriel aurait été naturellemet désigné pour apporter à Roland l'annonce de l'événement le plus heureux pour un chrétien, celle de sa mort prochaine, Or, pour connaître cette fonction de l’archange, il n’était pas nécessaire que le poète eût jamais lu personnellement l'Évangile de Luc : il suffisait qu’il eût entendu, comme tout fidèle, le prêche des prédicateurs, — Mais cette interprétation du rôle de Gabriel ne paraît pas exacte. Roland accueille sans joie la mort (ui vient à lui : il est plus résigné qu’enthousiniste, plus triste que résigné. En fait, ce n’est pas à l'Évangile de Luc que le poète a pensé en décrivant son agonie : c’est au Livre de Daniel. Les anges assistent Roland à ses derniers instants et emportent son Âme parte que c’est ainsi qu’on voyait les choses représentées dans les récits de la mort des martyrs : les textes sont nombreux, Vies ou Passions des saints, où le poète pouvait avoir recueilli cette idée. Mais c’est Gabriel qui, dans le roman, intervient comme protagoniste parce que le commentaire de saint Jérôme au Livre de Daniel !, devenu la source d’une tradition ininterrompue, avait précisé la mission essen-