Lbidem, col. 5er et suivantes
De
guerre sainte d'Espagne, telle qu’elle fut prêchée par la papauté au xr° siècle ; le zèle des chevaliers, des hommes de religion, des pèlerins, qui se hâtaient vers la péninsule pour la conquête, pour l'établissement de la foi, pour l’adoration des autels ; la mystique complexe qui les dominait tous et selon laquelle le service des armes ouvrait aux meilleurs les portes de l’éternité ; la possibilité, grâce au recul dans le temps, de transfigurer idéalement le personnage de Charlemagne, premier des conquérants chrétiens de l'Espagne ; la condamnation des égoïsmes individuels et l’exaltation du principe de la discipline féodale, nécessaire à tout empire, spirituel aussi bien que temporel : voilà ce qu’il a fallu pour que Roland passât de l’histoire dans la légende et y prît sa figure particulière.
Ces conditions se sont trouvées réalisées au XI° siècle ; et c’est vers la fin de ce même siècle qu'apparaissent, puis se multiplient, les indices de la fermentation qui s’était produite, dans l’imagination populaire, autour des noms de Charlemagne et de Roland.
L'existence en 1106, au point culminant du Port de Cize, d’une croix de pierre qu’on désignait communément alors du nom de Croix de Charle magne ! atteste à cette date une survivance ou unt
1. Bulle de Pascal IT, dans Dubarat, Le Missel de Bayonn de 1543, p. XXXIL.
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