PRIT
sacrifices pour la défense dé leur foi contre l’infi-
dèle. Car Roland les a appelés au combat pour leur seigneur, pour la gloire et pour l’honneur. Mais l’archevêque Turpin les y appelle, lui aussi, à la fois pour leur seigneur et pour Îe salut de la chrétienté. Il les harangue du haut d'un tertre : « Seigneurs barons, leur.dit-1l, Charlemagne nous a laissés ici : pour notre roi nous devons savoir mourir. Aidez à défendre la chrétienté. Vous autez bataille, vous en êtes certains, car de vos yeux vous voyez les Sarrasins. Confessez vos péchés et demandez merci à Dieu. Je vous absoudrai pour le salut de vos âmes. Si vous mourez, vous serez de saints martyrs, vous aurez des sièges au plus haut du paradis. » Les Français mettent pied à terre, se prosternent, et l’archevêque leur donne la bénédiction au nom de Dieu. Pour pénitence il leur demande de bien frapper.
Le moment est solennel. Roland l’a compris.
11 chevauche À la tête des Français, qui, absous de leurs péchés, se sont remis en selle pour marcher à l’ennemi. Il va fièrement, la lance droite, ornée d’un gonfanon blanc dont les franges battent jusqu’à ses mains. Le visage clair et riant, il jette aux Sarrasins des regards terribles : mais ces regards, quand il les tourne vers les Français, se remplissent de douceur et de bonté. Car il sait à quelle rude épreuve il mène sa troupe et combien il lui doit d'amour en cet instant. S'il
CS