‹ LA CHANSON DE ROLAND (volume 3)Chapitre 75 sur 173 · AZ US LE POÈME · texte numérisé non relu

AZ US LE POÈME

dans la bataille à mon seigneur que voici et qui a. perdu son poing droit, tranché par le puissant comte Roland. Charles aura l'Espagne tout entière en sa domination. Que deviendrai-je, malheureuse, infortunée ? Hélas ! n’y aura-t-il pas un homme pour me tuer ? »

Clarien dit : « Dame, ne parlez pas ainsi. Nous sommes les messagers du païen Baligant. Il promet son assistance à Marsille et, comme gage, il lui envoie son bâton et son gant. Nous avons sur l’EËbre quatre mille chalands, des barques, des barges, de rapides galées, et des dromonts à n’en savoir le nombre. L’émir est fort et puissant : il ira chercher Charlemagne en France ; il compte bien le mettre à mort ou le réduire à sa merci. »

Bramimonde dit : « Il n’aura pas à chercher si loin. C’est tout près d’ici que vous pourrez trouver les Francs : il y a sept ans que l’empereur est en ce pays. Il est brave et ardent : il mourrait plutôt que de fuir d’un champ de bataille. Il n’y a roi sous le ciel dont il fasse plus de cas que d’un enfant. Charles ne redoute homme qui vive. »

-Aïnsi se désole la reine : il faut que le roi lui impose silence. Mais les paroles que lui-même adresse aux messagers n’expriment pas un moindre découragement. Il ne peut plus rien ; ïl abdique : à Baligant, désormais, de tenir tête aux Français !

« Assez ! » dit le roi Marsille. Et aux messagers : « Seigneurs, c’est à moi qu'il faut parler. Vous

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