‹ LA CHANSON DE ROLAND (volume 3)Chapitre 74 sur 173 · AE · texte numérisé non relu

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c; : PT e le bourg, au palais qui domine et qui retentit de lamentations. Tout le peuple sarrasin est là,. criant son désespoir, pleurant son roi mutilé, -pleurant Jurfaleu le Blond, décapité, pleurant l'Espagne, qui va devenir la proie de l’ennemi. * Les messagers mettent pied à terre et s’avancent, solennels, au milieu de la foule consternée, fiers, pour leur part, de la puissance de leur maître. Ils laissent leurs chevaux sous un olivier, où deux Sarrasins les prennent par les rênes. Puis, se tenant l’un. l’autre par leur manteau, ils gravissent les degrés et entrent dans la grande salle du palais. Mais leurs premières paroles, prononcées de bonne intention, tombent malencontreusement et mettent du feu sur des plaies vives. Leur salut, qui appelle sur un roi moribond la protection de dieux que tous savent vaincus, . attise la douleur de la reine Bramimonde. Elle est » femme : elle ressent plus fortement que les autres la vanité de tout espoir.

En entrant dans la chambre voûtée, ils prononcent en amis un salut malencontreux : « Que Mahomet qui nous tient en sa baïllie, que Tervagan, qu’Apollin, notre seigneur, protègent le roi et gardent la reine ! » :

Bramimonde dit : « Ah ! que voici de folles paroles ! Nos dieux ont manqué à ce qu'ils nous

+. devaient. Ils se sont mal prouvés à Roncevaux. ” Jis y ont laissé tuer nos chevaliers. Ils ont failli

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