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et l’assistance de l’ange Gabriel, abat dans un.
duel à mort le plus grand ennemi de la chrétienté.
Le jour passe, la nuit approche. Francs et païens frappent de leurs épées. Ceux qui ont amené ces armées sont des preux. Ils n’oublient pas leur cri d'armes. L’émir vient de crier : « Précieuse ! » et Charles : « Montjoie ! », l'enseigne renommée. A leurs voix hautes et claires ils se sont reconnus : ils se joignent, se frappent à grands coups d’épieux sur leurs targes ornées de cercles. Ils les brisent au-dessous des larges boucles ; ils se déchirent l’un
à l’autre les pans de leurs hauberts ; mais ils ne se.
sont pas atteints au corps. Les sangles se rompent, les selles tournent : les deux rois sont à terre : mais ils se sont rapidement redressés. Ils tirent hardiment leurs épées. Cette bataille n’en restera pas là : elle ne peut pas finir sans mort d'homme.
Charles, de France la Douce, est un preux. L’émir pourtant n’a ni peur ni crainte. Ils tirent leurs épées toutes nues et s’entre-donnent de grands coups sur leurs écus. Ils en tranchent les cuirs et les ais, qui sont doubles ; les clous tombent, les boucles volent en pièces. Puis, à corps découvert, ils frappent sur leurs brognes. Des étincelles jaillissent de leurs heaumes clairs. Cette bataille ne pourra pas cesser avant que l’un des deux reconnaisse son tort.
L'émir dit: «Charles, rentreentoi-même:décide-toi |
à te repentir devant moi ! Tu m’as tué mon fils, et c'est contre le droit que tu me disputes mon pays
Deviens mon homme-lige. Viens en Orient et tu serviras sous moi. »
Charles répond : « Tu me proposes le déshonneur. Je ne dois accorder à un païen ni paix ni amitié. Reçois la loi que Dieu nous révële, la loi des chrétiens : ensuite je serai pour toujours ton ami. Tu croiras au Roi tout-puissant et tu le serviras. ».
Baligant dit : « Tu prêches un mauvais sermon !»
Et ils recommencent à frapper de leurs épées.
CCLXI x
L’amiral est de grande vigueur. Il frappe Charlemagne sur son heaume d'acier brun ; il le lui brise et fend sur le sommet de la tête. L’épée entre dans la fine chevelure, arrache plus d’une pleine paume de chair et laisse l’os tout nu. Charles chancelle ; il s’en faut de peu qu'il ne tombe. Mais Dieu ne veut pas qu'il meure ni qu'il soit vaincu. Saint Gabriel revient auprès de lui et lui demande : « Roi Magne, que fais-tu ? »
Quand Charles entend la sainte voix de l'ange, il se rassure, il sait qu'il ne mourra pas. Il reprend ses forces et ses sens. Il frappe l’émir de l’épée de France ; il lui brise le heaume, où flamboient les gemmes ; il lui fend la tête, si profondément que la cervelle se répand, et du même coup tout le visage jusqu’à la barbe blanche : il l’abat mort sans recours. « Montjoie ! », s’écrie-t-il pour rallier les siens. Alors vient le duc Naimes : il prend Tencendur, et le Roi magne y remonte...
La bataille est gagnée; les Sarrasins s’en-
… fuient : la chrétienté triomphe. À la poursuite
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164 ANUTIUE POEMBARE EU RE: La
des fuyards, les Francs arrivent jusque sous les murailles de Saragosse, qui n’est plus défendue : ses dix grandes tours, ses cinquante petites tours ne servent plus de rien ; les païens ont été anéantis en rase campagne. À la nouvelle qu’on lui en apporte, le roi Marsille, sur son lit, se tourne vers la muraille pour cacher sa douleur et ses larmes : tant de malheurs achèvent de l’accabler ; il rend son âme aux démons. C’est la reine Bramimonde qui livrera aux vainqueurs les clés de la ville.
Dieu l’a ainsi voulu : il a fait ce grand miracle. Charles est entré dans Saragosse, où ses Francs couchent en maîtres. Il fait fouiller tous les recoins de la cité. Dans les synagogues et les mahommeries, il fait briser à coups de maillet et de hache les statues et les idoles : il ne restera plus d’asile pour les sortilèges et les maléfices. Ses évêques bénissent les eaux, mènent les païens au baptistère, et s’il en est qui leur résistent, Charles les fait pendre ou brûler. Cent mille Sarrasins reçoivent ainsi le baptême, de gré ou de force : mais la reine Bramimonde, l’empereur veut qu’elle se convertisse de bonne volonté et de foi sincère : il attendra que la grâce la touche et il l’emmène captive à Aix-la-Chapelle,
OT EN 7 es 7