‹ LA CHANSON DE ROLAND (volume 3)Chapitre 93 sur 173 · CCLXXXVII · texte numérisé non relu

CCLXXXVII

Quand Thierri à gagné sa bataille, l’empereur Charles vient à lui. Quatre de ses barons l’accompagnent : le duc Naimes, Ogier de Danemark, Geoffroi d'Anjou et Guillaume de Blaye. Le roi prend Thierri entre ses bras; il lui essuie le visage avec son grand manteau de peau de martres ; puis il rejette ce manteau et on lui en met un autre. On désarme le chevalier avec précaution. On le fait monter sur une mule d'Arabie. On le ramène joyeusement, en grand honneur...

Pinabel mort, le droit est clair. Trente parents de Ganelon sont venus au plaid pour le secourir : ils se sont offerts en caution pour soutenir l'instance de Pinabel ; pas un seul d’entre

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EL A AN RE eux, décident les Francs, ne doit rester en vie. Ils seront pendus à l’arbre d’infâmie.

. Puis les juges délibèrent sur le sort de Ganelon. Ils jugent, et surtout les Francs, qu’il devra périr, d’une mort exemplaire. On amène quatre destriers ; à chacun d’eux on le lie par un pied ou par une main. Les chevaux sont ardents ; quatre valets les fouettent. Ganelon expie-: tous ses membres se rompent. Il est mort de la mort qui convient à un félon prouvé.

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La mort de Roland est vengée. La fidélité a vaincu. La loi chrétienne est triomphante. Si, de bon ou de mauvais gré, les païens de Saragosse ont reçu le baptême, leur reine, maintenant, reçoit de plein cœur et de foi profonde lés commandements de la vraie religion.

L'empereur chrétien a bien servi son Dieu.

Mais le service de Dieu n’admet point de repos. Déjà il impose à Charles de nouveaux devoirs et Saint Gabriel descend sur lui, pendant son sommeil, pour les lui révéler.

Le jour s’en va, la nuit est tombée. Charles est couché dans sa chambre voûtée. Saint Gabriel vient lui dire de par Dieu : « Charles, convoque les armées de ton empire | Tu iras, sans délai, en la

mme d@ IV. LE CHATIMENT DE GANELON

terre de Bire ; tu secourras Vivien dans la cité d’Imphe, que les païens ont assiégée. Les chrétiens t’appellent et te réclament. »

L'empereur eût voulu demeurer :

« Dieu, dit-il, que de labeurs en ma vie ls

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