‹ La Chanson de RolandChapitre 20 sur 46 · I IO · texte numérisé non relu

I IO

Quand la cour d’Aix à mort le condamna, Puis avec lui trente de ses parents,

On ne leur fit pas grâce de la mort. aoi.

a bataille est merveilleuse et pesante.

Y frappent bien Olivier et Roland,

Notre archevêque y rend bien mille coups. Les douze pairs ne sont pas en retard.

Tous les Français frappent dans la mêlée. Meurent païens et par mille et par cents.

Qui ne s’enfuit, n’évitera la mort.

Qu’il veuille ou non, il y laisse ses jours. Mais les Français y perdent leurs meilleurs, Qui ne verront leurs pères ni leurs proches, Ni l’empereur qui les attend aux gorges.

On sent en France une tourmente étrange. On y entend le tonnerre et le vent.

Il pleut, il grêle, et démesurément,

La foudre tombe et souvent et menu.

On sent trembler la terre en vérité De Saint-Michel du Péril jusqu’à Sens,

De Besançon jusqu’au port de Wissant (2). Pas de maison dont les murs ne se crèvent. A midi même y a grandes ténèbres.

Pas de clarté si le ciel ne se fend,

Nul ne le voit qui fort ne s’épouvante. Plusieurs disaient que tout est terminé,

Que c’est la fin de ce siècle à présent.

On ne sait rien et l’on ne dit pas vrai :

C’est le grand deuil pour la mort de Roland I

(i) Le port de Wissant entre Boulogne et Calais est souvent mentionné dans les poëmes du moyen âge.

CÉANT XVII.

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