‹ La Chanson de RolandChapitre 112 sur 171 · CLXXX · texte numérisé non relu

CLXXX

PUR Karlemagne fist Deus vertuz mult granz, Car li soleilz est remés en estant.

les morts couchés, tout comme ils sont. Que bête ni lion n'y touche ! Que n'y touche écuyer ni valet ! Que nul n'y touche, je vous l'ordonne, jusqu'à ce que Dieu nous permette de revenir dans ce champ ! » Et ils répondent avec douceur, en leur amour : « Droit empereur, cher seigneur, ainsi ferons-nous ! » Ils retiennent auprès d'eux mille de leurs chevaliers.

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L'EMPEREUR fait sonner ses clairons ; puis il chevauche, le preux, avec sa grande armée. Ils ont forcé ceux d'Espagne à tourner le dos(?) ; ils tiennent la poursuite d'un même cœur, tous ensemble. Quand l'empereur voit décliner la vêprée, il descend de cheval sur l'herbe verte, dans un pré ; il se prosterne contre terre et prie le seigneur Dieu de faire que pour lui le soleil s'arrête, que la nuit tarde et que le jour dure. Alors vint à lui un ange, celui qui a coutume de lui parler. Rapide, il lui donne ce commandement : « Charles, chevauche ; la clarté ne te manque pas. C'est la fleur de France que tu as perdue. Dieu le sait. Tu peux te venger de l'engeance criminelle ! » Il dit, et l'empereur remonte à cheval.

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