‹ La Chanson de RolandChapitre 70 sur 171 · CXV · texte numérisé non relu

CXV

1510 TT^RANCEIS veient que paiens i ad tant, [1467] J^ -Qg tûtes parz en sunt cuvert li camp. Suvent regretent Oliver e RoUant, Les .XII. pers, qu'il lor seient guarant. E l'arcevesque lur dist de sun semblant : 1515 « Seignors barons, n'en alez mespensant ! - Pur Deu vos pri que ne seiez fuiant.

Que nuls prozdom malvaisement n'en chant. Asez est mielz que moerium cumbatant. Pramis nus est fin prendrum a itant, 1520 Ultre cest jurn ne sérum plus vivant ; [14771 Mais d'une chose vos soi jo ben guarant : Seint pareïs vos est abandunant ;

fauve ; il n'est nulle bête qui l'égale à la course. L'archevêque éperonne, avec quelle vaillance ! Il attaque Abisme, rien ne l'en détournera. Il va le frapper sur son écu [...], que des pierreries chargent, améthystes et topazes [...], escarboucles qui flambent : au Val Métas un démon l'avait donné à l'émir Galafe, et l'émir à Abisme. Turpin frappe, il ne le ménage pas ; après qu'il a frappé, l'écu, je crois, ne vaut plus un denier. Il transperce le Sarrasin d'un flanc à l'autre et l'abat mort sur la terre nue. Les Français disent : « Voilà une belle vaillance ! Aux mains de l'archevêque la crosse ne sera pas honnie ! »

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LES Français voient que les païens sont tant : les champs en sont couverts de toutes parts. Souvent ils appellent Olivier et Roland et les douze pairs, pour qu'ils les défendent. Et l'archevêque leur dit sa pensée : sv Seigneurs barons, ne songez à rien qui soit mal. Je vous en prie par Dieu, ne fuyez pas, afin que nul vaillant ne chante de vous une mauvaise chanson. Bien mieux vaut que nous mourions en combattant. Bientôt, nous en avons la promesse, nous viendrons à notre fin ; nous ne vivrons pas au-delà de ce jour ; mais il est une chose dont je vous suis bon garant : le saint paradis vous est grand ouvert, vous y serez

As Innocenz vos en serez séant. »

A icest mot si s'esbaldissent Franc

1525 Cel nen i ad Munjoie ne demant. aoi. 11482]

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