MARGARIZ ET SON SUPRÊME APPEL A MARSILE I
Le preux Roland, Olivier son ami, les autres pairs, enfin tou^ les Français, ont frappé dur en vaillants chevalier^;. Des Sarrasins immense est le massacre.
Un a pu fuir; et ils étaient cent mille.
Mais ce fuyard ne mérite aucun blùnie. Son corps blessé porte écrit son courage : il est percé de quatre coups de lance.
C'est Margariz. 11 court devers l'Espagne; trouve Marsile, et lui dit la défaite.
Donc Margariz tout seul s'en est allé, l'écu percé, la lance fracassée, l'épée en sang, et le haubert rompu. Ah! les fiers coups qu'au combat il donna! et quel baron, Dieu! s'il était chrétien!
1. Ce couplet et le couplet suivant sont trailuils d'après le texte (lu manuscrit de Venise. Millier elle ce texte, ainsi que celui du manuscrit de Paris, dans son édition de 1S63 et dans son édition de 187S.
LES PRODIGES DliS PREUX. . 181
Au roi Marsile il fait récit de tout; puis, à voix haute, il le supplie ainsi :
« A cheval, sire, à cheval sur-le-champ ! Vous trouverez les Français épuisés.
» Sans doute ils ont donné martyre aux nôtres. Mais leurs cpées, leurs lances sont en pièces; et la moitié d'entre eux couvre le sol.
» Les survivants, affaiblis et brisés, sont la plupart blessés, baignés de sang.
w Tout désarmés, on les vaincra sans peine.
» Courez sur eux, cher sire, ils sont à nous. »