LES FRANÇAIS MAÎTRES DU CHAMP DE BATAILLE
Les Sarrasins sont en pleine déroute, tant les Français frappent de leurs épées, dont l'acier blanc est rougi par le sang.
. Ce n'est partout que païens qui s'enfuient, et chevaliers galopant à leurs trousses.
Morts et mourants peuplent toute ki plaine.
Que de païens tombés sur l'herbe drue ! Que de hauberts qui reluisent à terre, et que d'écus, que de lances brisées!
De bons chevaux, errant sans cavaliers, de çh, de là courent traînant leurs rênes, et le poitrail tout empourpré de sang.
Si les Français ont gagné la bataille. Dieu ! qu'ils sont loin d'être au bout de leur peine !
Charle en perdra sa force et sa fierté. Grand est te deuil où va tomber la France.
De si bon cœur les Français ont frappé, que les paicns sont gisant par milliers; et sur cent mille il s'en sauve un ou deux.
— « Les braves gens ! s'écriait l'archevêque. De plus vaillants ne sont pas sous le ciel.
» Bien est-il dit, dans la geste de France, que tout Français naît hardi pour la guerre, et que le roi est servi par des braves. »
De place en place, on va cherchant les siens, les yeux mouillés de tendresse et de deuil, par grand amour pour ceux du même sang.
Pourtant Marsile, avec sa grande armée, n'est pas très loin et va bientôt surgir.