‹ La Chanson de RolandChapitre 63 sur 68 · GRACE POUR GANELON · texte numérisé non relu

GRACE POUR GANELON

Gane, aussitôt son procès commencé, a rassemblé trente de ses parents.

Il en est un que les autres écoutent; c'est Pinabel, du château de Sorence : il parle bien et par droites raisons; puis, bon guerrier, fait respecter ses armes.

Gane lui dit :

« Je me confie à vous. Arrachez-moi à la mort, à la honte. »

Lors Pinabel :

« Oui, vous resterez sauf.

» Je suis votre homme; et s'il est un Français, qui contre vous demande la potence, que l'empereur nous mette ensemble aux champs!

» L'épée au poing, je le démentirai. »

Le comte Gane à ses piçds lui rend grâce.

A.U conseil sont Saxons et Bavarois; nombreux

Teutons et nombreux Allemands; Français, Normands, Poitevins, Bourguignons.

Les Auvergnats sont les mieux disposés; et Pinabel les trouve favorables.

L'un dit à l'autre :

« Il faut en rester là...

» Trêve au procès! Faisons prière au roi que, cette fois, il fasse grâce à Gane, prêt à servir avec foi et amour.

» Roland est mort : on ne le verra pius... Argent ni or ne sauraient nous le rendre.

>' Fou qui voudrait l'épreuve du combat. »

Et tous de dire : « Eh bien! nous l'accordons. »

Tous, hors Thierri, frère du duc Geoffroy.

Vers l'empereur s'en viennent ses barons.

— « Roi, disent-ils, nous venons vous prier de décider que Ganelon soit quitte, et puisse ainsi, avec foi et amour, comme jadis servir son empereur.

» Laissez-le vivre : il est homme si noble!

» Roland est mort, on ne le verra plus; tous les trésors ne sauraient nous le rendre. »

Le roi leur dit : « Vous êtes tous félons! »

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