‹ La chanson de Roland. Traduction nouv. et complète, rythmée conformément au texte roman, précédée de Roland et la belle Aude, prologue à La Chanson de Roland [par] Joseph FabreChapitre 33 sur 71 · MARGARTZ ET SON SUPRÊME APPEL A MARSILE · texte numérisé non relu

MARGARTZ ET SON SUPRÊME APPEL A MARSILE

Le preux Roland, Olivier son ami, les autres pairs, enfin tous les Français, ont frappé dur en vaillants chevaliers. Des Sarrasins immense est le massacre.

Un a pu fuir; et ils étaient cent mille.

Mais ce fuyard ne mérite aucun blâme. Son corps blessé porte écrit son courage : il est percé de quatre coups de lance.

C'est Margariz. Il court devers l'Espagne; trouve Marsile, et lui dit la défaite.

Donc Margariz tout .seul s'en est allé, l'écu percé, la lance fracassée, l'épée en sang, et le haubert rompu. Ah! les fiers coups qu'au combat il donna ! et quel baron. Dieu ! s'il était chrétien !

l. Ce couplet et le couplet suivant sont traduits d'après le texte du manuscrit de Venise. Miiller cite ce texte, ainsi que celui du manuscrit de Paris, dans son édition de 1863 et dans son édition de 1878.

Au roi Marsile il fait récit de tout; puis, à voix haute, il le supplie ainsi :

« A cheval, sire, à cheval sur-le-champ! Vous trouverez les Français épuisés.

» Sans doute ils ont donné martyre aux nôtres. Mais leurs épées, leurs lances sont en pièces; et la moitié d'entre eux couvre le sol.

» Les survivants, affaiblis et brisés, sont la plupart blessés, baignés de sang.

» Tout désarmés, on les vaincra sans peine.

» Courez sur eux, cher sire, ils sont à nous. »

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